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LA BONNE REPUTATION ET L’INTIMITE PERSONNELLE

L’inviolabilité de la personne fait partie des droits de la personnalité ainsi que le respect de son intimité et la protection de sa réputation.

A propos du droit de tout fidèle à la bonne réputation et à l’intimité personnelle, le canon 220 dispose : « Il n’est permis à personne de porter atteinte d’une manière illégitime à la bonne réputation d’autrui, ni de violer le droit de quiconque à préserver son intimité ». A ce droit s’opposent la calomnie, la diffamation, la dénonciation, l’injure, la médisance, les racontars, l’écoute des conversations (téléphoniques ou non) d’autrui, « l’espionnage » de la nudité de l’autre ou la curiosité malsaine (voyeurisme), etc…

Le législateur est parfois formel ou sévère sur certains cas de fausses dénonciations. L’exemple typique est celui du canon 982 : « Qui avoue avoir dénoncé faussement à l’autorité ecclésiastique un confesseur innocent comme coupable de sollicitation au péché contre le sixième commandement du Décalogue ne sera pas absous, à moins qu’il n’ait d’abord formellement rétracté sa fausse dénonciation et qu’il soit prêt à réparer les dommages causés, s’il y en a ».

Nul n’a donc le droit de porter atteinte à l’intégrité morale des autres ou à s’ingérer dans leur vie intime, ou de les déshonorer de quelque manière que ce soit.

Mais dans certains cas, il est licite de divulguer certains faits qui blessent l’honneur de la personne sans que cela soit une violation de la norme du canon 220 : engager une action pénale comportant une publicité ou révéler des empêchements matrimoniaux (c.1067). Dans ce dernier cas, c’est la gestion des informations ou révélations reçues qui protègera ou non l’intimité de la personne.

ignalons que le pasteur n’a d’ailleurs pas le droit de livrer sa source d’information sur les empêchements pour préserver la convivialité et la paix entre les personnes. Si le fidèle peut engager une action pénale, il a aussi droit à la protection juridique de ses droits (c. 221). En d’autres termes, il a le droit de s’adresser au juge de son choix pour protéger ses droits personnels. En effet, « il appartient aux fidèles de revendiquer légitimement les droits dont ils jouissent dans l’Eglise et de les défendre devant le for ecclésiastique compétent, selon le droit. (c. 221).

C’est pourquoi, l’Eglise a aussi ses tribunaux qui jugent les droits des personnes physiques ou juridiques dans leur poursuite ou leur revendication, ou les faits juridiques dans leur déclaration et des délits lorsqu’il s’agit d’infliger ou de déclarer une peine (c. 1400). Selon ce principe de légalité, l’autorité ecclésiastique dans l’exercice de ces fonctions doit respecter la loi.

Le droit à la bonne réputation et à l’intimité personnelle révèle toute l’importance qu’a toute personne et non pas seulement le fidèle dans l’Eglise. Cela doit interpeler la conscience de plus d’un dans leurs relations ou rapports interpersonnels.

LES BENEDICTIONS DES OBJETS

Les bénédictions ne sont pas des actes magiques. Elles présupposent la foi des fidèles ou de ceux qui les demandent

Avec les consécrations et les dédicaces, les bénédictions font partie des sacramentaux, c’est-à-dire des signes sacrés de la prière de l’Église pour disposer les hommes à recevoir la grâce divine et pour sanctifier les différentes circonstances de la vie (c. 1166 ; S C 60-61). Nous distinguons deux formes de bénédictions qui gardent leur valeur même si le code de droit canonique actuel n’en parle pas :

les bénédictions constitutives

et

les bénédictions invocatoires.

Avec les premières, une chose ointe avec les huiles sacrées (église ou autel) ou sans celles-ci (oratoire, chapelle, cimetière, etc…) est destinée au culte divin et devient chose sacrée. Elles produisent donc les mêmes effets que les consécrations et les dédicaces.

Par contre avec les bénédictions invocatoires, on supplie la faveur de Dieu et sa protection sur des personnes, des lieux, des objets sans qu’elles deviennent des personnes ou des choses sacrées. C’est ici que nous retrouvons les bénédictions de l’huile, de l’eau, du sel, de l’encens, des objets de piété, des cierges, etc…

Les premiers destinataires des bénédictions sont les baptisés, mais aussi les catéchumènes, et même les non-catholiques, à moins qu’une interdiction de l’Eglise ne s’y oppose (c. 1170). Qu’il nous suffise aussi de rappeler la norme importante du canon 1171 qui dispose : « Les choses sacrées qui sont destinées au culte divin par une dédicace ou une bénédiction seront traitées avec respect et ne seront pas employées à un usage profane ou impropre, même si elles sont la propriété de personnes privées » car ces choses sacrées rappellent les actions salvifiques du Christ et ont un lien avec les sacrements les plus importants de l’Eglise.

Les ministres des bénédictions (c. 1169) sont les prêtres pour les bénédictions non réservées au pontife romain ou aux évêques (les bénédictions d’une église, d’un oratoire, de la première pierre pour la construction d’une église ou d’un oratoire public, les bénédictions d’un nouveau cimetière, des stations de chemins de croix (Cf Inst, Inter oecumenici 77).

Les diacres peuvent impartir les bénédictions qui leur sont permises par le droit liturgique (Cf. Motu proprio de Paul VI Sacrum diaconatus ordinem 22, du 18.04.1967).

RÉGULARISATIONS DE SITUATIONS MATRIMONIALES

Le temps de Carême conduit à la fête de Pâques durant laquelle il y a non seulement des régularisations de situations matrimoniales mais aussi des réadmissions aux sacrements. Quels sont les normes et l’esprit qui doit présider à ces divers actes ?

La régularisation des situations matrimoniales sont des actes de grande importance tant pour l’Eglise que pour les fidèles intéressés et toute la communauté chrétienne qui se voit agrandie et accueillants d’autres membres.

Une régularisation suppose qu’il y avait une irrégularité. Avant toute régularisation, il faut d’abord établir l’état libre des sujets en vérifiant s’ils ne sont pas liés par un lien précédent de mariage civil, religieux ou naturel. Aussi voudrions-nous ici étudier les dispositions fondamentales du canon 1148. Il considère le cas d’un polygame non baptisé qui reçoit le baptême dans l’Église Catholique mais il a simultanément plusieurs femmes non baptisées. La réception du baptême lui impose de ne garder comme légitime qu’une seule femme.

La loi établit qu’il ne devrait garder que la première en tant que vraie femme puisque entre le mari polygame non baptisé et cette première femme non baptisée elle-même, il y a un mariage naturel. Mais si à cet homme, il est dur de garder cette première femme, il peut choisir une autre femme, après avoir "renvoyé" les autres. Il revient au curé de la paroisse de vérifier les conditions de dureté. Autrement l’homme pourrait alléguer toutes les raisons pour se débarrasser de la femme.

Il est par exemple dur de garder une femme qui cherche à attenter à la vie de son mari, ou lui crée plusieurs autres dommages. Il ne s’agit donc plus d’établir comme principe intangible que la première femme non baptisée est celle qui doit nécessairement recevoir le baptême. Ce qui est dit de l’homme polygame vaut aussi pour la femme polyandrique qui aurait simultanément plusieurs maris non baptisés.

En effet, il se peut que ce soit la première femme à recevoir le baptême dans l’Église catholique. Dans ce cas, la femme unie à un mari polygame, une fois le baptême reçu est tenue de s’éloigner du mari qui n’est pas disposé à éloigner les autres femmes. Nous dirons même que cet éloignement est une condition préalable et sine qua non avant qu’on ne lui confère le baptême.

La femme baptisée peut alors invoquer le privilège paulin et contracter de nouvelles noces tandis que aux autres femmes n’est permise ni d’admission au sacrement ni la concession du privilège paulin.

Le canon 1148 § 2 prescrit que le polygame qui reçoit le baptême est tenu à la forme canonique. A l’égard des autres femmes renvoyées s’imposent des devoirs de justice et de charité chrétienne (c. 1148 § 3). Il faut leur assurer et leur garantir :

  1. un logement,
  2. la subsistance
  3. et les moyens d’éduquer les enfants.

Les pasteurs d’âmes feront en sorte que les régularisations de situations ne créent pas d’autres situations. C’est pourquoi, il faut d’abord connaitre les normes à ce propos et les appliquer avec justice, équité, charité et rigueur, sans complaisance. I

l faut prendre le temps d’étudier chaque cas pour éviter de vouloir tout résoudre à Pâques. Nous estimons que les régularisations doivent se faire avec plus de calme et de patience. Elles ne doivent pas être des lots de consolations ou des formes de reconnaissance à des amis, des parents ou connaissances. Ce sont des actes de l’Eglise et du Christ qui ne doivent pas se plier aux caprices des pasteurs et des bénéficiaires.

LES IRRÉGULARITÉS AUX ORDRES

La réception et l’exercice des ordre sacrées sont soumis à certaines conditions qu’aborde le Code de droit canonique. Les candidats aux ordres sont supposés les savoir.

L’irrégularité est un empêchement caractérisé par la perpétuité (c. 1040). Elle exclut de la réception de l’ordre ou de son exercice. Un délit commis peut en être la cause. Un candidat aux ordres peut être absout de son délit ou de ses péchés et être toujours frappé d’irrégularités. Il faut qu’il en soit dispensé pour en sortir. L’ignorance des irrégularités ou des empêchements n’exempte pas de les encourir (c. 1045). Sont irréguliers pour la réception des ordres :

  • celui qui est atteint de la folie ou d’une autre maladie psychique en raison de laquelle, après consultation d’experts, il est jugé incapable d’accomplir correctement le ministère ;
  • un apostat, un hérétique ou schismatique ;
  • celui qui a attenté un mariage, même purement civil, alors qu’il est lui-même empêché de contracter mariage à cause du lien matrimonial, ou d’un ordre sacré, ou du vœu perpétuel de chasteté, ou parce qu’il s’est marié avec une femme déjà validement mariée ou liée par ce même vœu ;
  • celui qui a commis un d’homicide volontaire ou procuré un avortement suivi d’effet, et tous ceux qui y ont coopéré positivement ;
  • celui qui s’est gravement mutilé ou a mutilé quelqu’un d’autre, ou celui qui a tenté de se suicider ;
  • celui qui a posé un acte du sacrement d’ordre réservé à ceux qui sont constitués dans l’ordre de l’épiscopat ou de presbytérat, alors qu’il n’a pas cet ordre ou qu’il lui est défendu de l’exercer par une peine canonique déclarée ou infligée (c. 1041).
  • Sont irréguliers pour l’exercice des ordres reçus : celui qui a reçu illégitimement les ordres alors qu’il était sous le coup d’une irrégularité pour leur réception ; et tous ceux dont nous avons parlé plus haut.

La Pénitencerie Apostolique peut dispenser au for interne de ces irrégularités réservées au Saint Siège, - surtout celles provenant d’un homicide, d’un avortement suivi d’effet - , quand leur cause n’est pas un fait connu publiquement. Même si certaines irrégularités sont réservées à l’évêque diocésain, les fidèles peuvent librement recourir à la Pénitencerie Apostolique. Le directeur spirituel ou le confesseur du sujet, sans nommer celui-ci, fait une demande de dispense. Si quelqu’un reçoit les ordres bien qu’en étant irrégulier, il peut continuer à les exercer si le cas est occulte et il ne peut recourir à l’ordinaire du lieu ou à la Pénitencerie Apostolique ou s’il y a danger d’infamie. Mais il devra ensuite demander la dispense. S’il s’agit d’un candidat aux ordres, on demandera la dispense bien avant la date de l’ordination. Ce sujet interpelle la conscience des candidats à l’ordre et des clercs.

Père Jacques Mahougnon AGOSSOU

Canoniste

LA CONFESSION PAR TELEPHONE

L’apparition des nouveaux moyens de communication fait apparaitre de nouveau problèmes à l’Eglise. Mais ces moyens sont-ils utiles et nécessaires partout ?

La confession des péchés est l’une des étapes de la célébration du sacrement de pénitence. Selon le canon 960, la façon ordinaire et habituelle dans l’Église de recevoir le sacrement de pénitence consiste à se confesser individuellement, à un ministre ordonné ayant la faculté requise et à recevoir personnellement et individuellement l’absolution. Elle nécessite donc de la part du pénitent une marche ou une démarche de foi vers le confesseur pour cette rencontre d’amour au cours de laquelle Dieu manifeste sa miséricorde. Seule une impossibilité physique ou morale peut excuser de ce mode de confession et permettre aux fidèles d’avoir recours à d’autres formes, comme la confession avec absolution sacramentelle par mode général à plusieurs pénitents (cc. 961 § 1 ; 962 § 1.2, 963). En France, depuis le 17 février 2010 une ligne téléphonique appelée « Sur le fil du Seigneur » propose désormais un nouveau service, à plein temps. Il permettrait de confesser ses pêchés sur une boîte vocale. Il n’est plus besoin de se rendre à l’Eglise ; il suffit de composer un simple numéro pour se faire pardonné ses péchés. Cette confession coûte environ € 0,34 225 f Cfa) ou € 0,15 (100 f CFA) par minute. Une seconde ligne permet de reverser une somme représentant 40% du prix des appels à une association. Cette méthode permettrait aux timides, aux handicapés, aux personnes immobilisées par l’âge, la maladie, ou à ceux qui manquent de temps de toujours libérer leur conscience sur un serveur vocal. Une telle méthode est inadmissible et l’Eglise ne saurait la permettre car elle ouvrirait la voie à des abus, à de graves impostures. Du coup, le principe fondamental, vital et sacro-saint du secret sacramentel n’aurait plus du tout sa raison d’être. En effet, les appels téléphoniques n’offrent aucune garantie de confidentialité ou de secret. Ils peuvent être interceptés, enregistrés et servir à d’autres fins. « Sur le fils du Seigneur » est une instrumentalisation ou une commercialisation du sacrement de pénitence, une grâce gratuite du Seigneur. Au lieu de raviver la foi des catholiques, il approfondit la désaffection des Eglises et surtout du sacrement de réconciliation. Si l’Eglise l’accepte, on se confesserait bientôt par SMS, par Fax, par Yahoo Messenger ou par Skype, ou par les réseaux sociaux comme Facebook ou Badoo. La méthode traditionnelle de confession reste la seule valable dans l’Eglise catholique.

Père Jacques Mahougnon AGOSSOU

QU’ATTENDENT LES FIDELES D’UN CURE DE PAROISSE ?

Nul ne niera la pertinence et l’actualité de cette question relative aux responsabilités définies pour le curé au canon 528. Il s’agit avant tout de la fonction d’enseignement et de sanctification. Le curé doit proclamer la Parole de Dieu aux fidèles de sa juridiction.

Ce ministère de la Parole de Dieu (Cf cc. 756-780) passe par l’homélie obligatoire les dimanches et les fêtes d’obligation et recommandée les autres jours (c. 767), par l’enseignement catéchétique (cf. . 776) qu’il doit lui aussi dispenser.

Le curé accordera un soin particulier à l’éducation chrétienne des enfants et des jeunes car ils sont non seulement l’avenir ou le printemps de l’Eglise et du monde mais aussi les couches les plus délicates de la société. Avec la prudence et le respect qui conviennent, le curé doit approcher et se rapprocher les enfants et les jeunes.

Avec l’aide et le concours des autres fidèles, le curé doit étendre ses soins pastoraux à ceux qui sont éloignés de la pratique religieuse ou qui ne professent pas la vraie foi. Il s’agit plus d’un témoignage de vie qui ramène les brebis perdues que d’un prosélytisme fanatique.

Le curé ne négligera pas les questions de justice sociale en les appliquant lui-même (stipulation des contrats de travail avec toutes les formalités requises au for civil) et en y encourageant les fidèles.

Dans l’exercice de la fonction de sanctification, le canon 528 § 2 dispose : « Le curé veillera à ce que la très Sainte Eucharistie soit le centre de l’assemblée paroissiale des fidèles ; il s’efforcera à ce que les fidèles soient conduits et nourris par la pieuse célébration des sacrements et en particulier qu’ils s’approchent fréquemment des sacrements de la très Sainte Eucharistie et de la Pénitence ; il s’efforcera aussi de les amener à prier, même en famille, et de les faire participer consciemment et activement à la sainte liturgie que lui, curé, sous la responsabilité de l’Evêque diocésain, doit diriger dans sa paroisse, et dans laquelle il doit veiller à ce que ne se glisse aucun abus »

Il importe de faire remarquer que le canon ne parle pas explicitement de la fonction de gouvernement. Le curé n’est pas d’abord un gouverneur ou un gouvernant (avec ou sans gouvernantes) mais un serviteur. Il gouverne en étant serviteur de la Parole de Dieu et des sacrements. Quand le gouvernement devient gouvernance, la paroisse est politisée. Et quand le gouvernement devient une fin en soi, le service se transforme en fonction ou en fonctionnariat, avec rémunération. Il génère l’amour du pouvoir.

Dans tous les cas, les fidèles attendent que le curé leur donne uniquement Jésus.

Père Jacques M. AGOSSOU

QUELLES AUTRES RESPONSABILITES DU CURE DE PAROISSE ?

Elles sont énumérées au canon 529. Le curé doit faire un effort pour connaître ses fidèles qui, le plus souvent, le reconnaissent où qu’il se trouve. Il s’agit vraiment d’un effort ou exercice à faire surtout quand le curé se trouve dans une grande paroisse ou de ville. A cet effet, « il visitera les familles, prenant part aux soucis des fidèles, surtout à leurs inquiétudes et à leurs deuils, en les soutenant dans le Seigneur, et en les reprenant également avec prudence s’ils venaient à faillir en quelque manière ».

Dans certains pays comme l’Italie, la bénédiction des familles au temps de l’Avent ou de Carême constitue un des moyens privilégiés pour connaitre les familles.

Le curé doit avoir un amour particulier pour les malades, les mourants qu’il recommandera au Seigneur et réconfortera de toutes manières. D’où la nécessité ou même l’obligation pour le curé de connaitre les malades de sa juridiction et surtout de leur porter régulièrement la communion.

Le curé de paroisse « entourera d’une attention spéciale les pauvres, les affligés, les isolés, les exilés, ainsi que ceux qui sont aux prises avec des difficultés particulières ». Certes aujourd’hui, il est parfois difficile de distinguer les vrais pauvres des faux pauvres. C’est la pastorale des « anawim ». Mais le curé doit savoir discerner et se laisser guider par sa conscience chrétienne et le sensus fidei.

La pastorale de la famille doit aussi s’intégrer dans les tâches du curé de paroisse : « il s’appliquera encore à soutenir les époux et les parents dans l’accomplissement de leurs devoirs propres et favorisera le développement de la vie chrétienne en famille ».

Pour l’efficacité du travail, le curé ne se considère pas comme celui qui connait tout ou sait tout faire. L’humilité et la vérité lui feront reconnaitre aussi les talents des laïcs qu’il associera à la tache (c. 228 § 2).

Le curé de paroisse doit promouvoir toutes les associations de la paroisse sans acception d’aucune ou sans en privilégier une comme sienne.

Il collaborera avec son évêque, avec les autres prêtres du diocèse et les autres communautés. Il développera chez les fidèles le sens de la communion ecclésiale, tant au niveau paroissial, diocésain qu’universel. C’est pourquoi, en y participant lui-même, il invitera les fidèles à prendre part aux rencontres, manifestations diocésaines ou nationale ou universelles. Ce manifeste du curé, nous pouvons l’appeler « pasto-contact ». Il configure le prêtre au Christ Pasteur.

Père Jacques M. AGOSSOU.

QU’EST-CE QU’ETRE CURE ?

Dans le code de droit canonique, la fonction du curé est d’une grande importance. Savoir ce qu’etre curé pourrait aider plus d’uns à bien exercer leur ministère au service du peuple de Dieu

La « fonction » curiale est avant tout un office ecclésiastique, c’est-à-dire une « charge constituée de façon stable par disposition divine ou ecclésiastique pour être exercée en vue d’une fin spirituelle » (c. 145 § 1). Comme l’évêque et le diacre, le curé, de par le sacrement de l’ordre, est un « pasteur » tout court (c. 1008). Ailleurs il peut être de ceux-là que le législateur appelle « pasteurs sacrés » (cc. 212, 213, 228) ou « pasteurs d’âmes »(cc. 771, 773, 774). Selon le canon 519, le curé, est le pasteur propre de la paroisse qui lui est confiée, comme l’évêque l’est le pour son diocèse. L’expression « pasteur propre » veut dire que le curé est un pasteur qui appartient à la paroisse à lui confiée. Cela exclut les autres pasteurs. Par conséquent, les paroissiens ne doivent recourir qu’à lui, leur pasteur propre pour recevoir les aides spirituelles auxquelles ils ont droit (c. 213), comme par exemple le mariage (c. 1115) ou pour le baptême (c. 858 § 2, 877), les funérailles (c. 1177). Dire que le curé exerce un pouvoir ordinaire propre signifie qu’il n’agit pas en vertu d’un pouvoir ordinaire vicaire, encore moins délégué. Il n’exerce même pas son pouvoir au nom de l’évêque. Le curé exerce un pouvoir attaché de par le droit à son office. Mais il a une limite : il exerce son pouvoir ou sa charge paroissiale sous l’autorité de l’évêque dont il est appelé à partager le ministère du Christ (c. 519). Il exerce son pouvoir dans la communion hiérarchique qui lie les prêtres aux évêques (Cf. PO 7). Le curé participe à ce qui est le propre de la mission canonique de l’évêque, à savoir être le pasteur propre d’une portion du peuple de Dieu. Il est alors coopérateur de l’évêque (CD 30). Il est pasteur propre pour accomplir pour la communauté les fonctions d’enseignement, de gouvernement et de sanctification dont il a reçu la mission par l’imposition des mains. Somme toute, le pouvoir propre du curé ne l’autorise pas à faire comme bon lui semble ou comme il veut. Il est sous l‘autorité épiscopale et il est exercé dans le respect des normes canoniques. Le curé doit avoir toute la sollicitude du pasteur comme l’indiquent les Saintes Écritures. Le pouvoir propre du curé doit grandir les fidèles dans la foi et faire progresser la communauté. Ce n’est pas un pouvoir despotique ou dictatorial, surtout qu’il l’exercera avec « la collaboration éventuelle d’autres prêtres ou de diacres, et avec l’aide apportée par des laïcs, selon le droit » (c. 519). Tout curé doit passer de l’amour du pouvoir au pouvoir de l’amour qui fait de lui un serviteur.

Père Jacques Mahougnon AGOSSOU Canoniste

QUELLES SONT LES QUALITÉS REQUISES POUR ÊTRE NOMMÉ CURÉ ?

Pour recevoir un office ecclésiastique, le droit universel ou particulier exige un certain nombre de qualités soit pour la validité ou la licéité de l’acte juridique à possible. Cet article explore ce champ de l’idonéité du candidat à la fonction curiale.

Seul celui qui est constitué dans l’ordre du presbytérat (le prêtre) est qualifié pour être curé. C’est une condition pour la validité de la nomination d’un curé. « Pour que quelqu’un soit désigné validement comme curé, il faut qu’il soit constitué dans l’ordre sacré du presbytérat », dispose le canon 521 § 1. Une telle norme se comprend, vu la charge d’âmes qu’a le curé (c. 150) ou les taches pastorales qui sont les siens. La célébration de l’eucharistie y tient une place éminente. Elle est le centre et le sommet de toute la vie communautaire (CD 30 ; PO 6). Partant, les diacres et les laïcs sont exclus de la fonction curiale. Mais la pénurie de prêtre tout autre motif peut conduire à leur confier la responsabilité du quotidien d’une paroisse. Ainsi ils participent à l’exercice de la charge pastorale d’une paroisse. Même dans ce cas, l’évêque diocésain « constituera un prêtre qui, muni des pouvoirs et facultés du curé, sera le modérateur de la charge pastorale » (c. 517 § 2).

Les autres conditions sont pour la licéité de la nomination. Ainsi celui qui sera nommé curé sera

  • « remarquable par sa saine doctrine », car il doit enseigner.
  • Il sera de « mœurs intègres » en vue de la fonction de sanctification
  • et « mû par le zèle apostolique » pour gouverner la portion du peuple de Dieu à lui confiée (c. 517 § 2).

En d’autres termes, il ne doit pas être un ignare ou un ignorant en matière de doctrine de l’Église. Ces connaissances à ce propos doivent être conformes au contenu du dépôt de la foi. Sa vie morale ne doit pas laisser à désirer. Elle doit inciter aux bonnes mœurs. Le curé ne doit pas être un paresseux, un fainéant : il doit se dépenser de tout son être pour les fidèles.

Il doit aussi avoir d’autres vertus que le code ne précise pas : par exemple,

  1. l’accueil,
  2. la bienveillance,
  3. la tolérance,
  4. la tempérance,
  5. la sobriété,
  6. le sens de la justice, de la vérité, de la charité,
  7. le respect, etc.…

Le droit particulier peut aussi fixer d’autres qualités qu’il exigera des prêtres.

Mais ce n’est pas le prêtre lui-même qui se déclare idoine à être curé. Il revient à l’évêque diocésain de s’assurer de ces aptitudes du candidat et de fixer les modalités d’y parvenir, même s’il le faut par un examen (c. 521 § 3 ; c. 459 § 3, 3, CIC 1917) ou par des enquêtes.

Aujourd’hui, l’une des qualités importantes au curé est la gestion des biens (de la paroisse) et des personnes. La mauvaise gestion à ce double niveau constitue l’une des grandes et puantes plaies de la fonction curiale.

  • La mauvaise gestion des biens de la paroisse entraine des dettes que les fidèles ont de plus en plus en horreur, même si ces biens, surtout l’argent, ont servi à réaliser des œuvres que voient leurs yeux. C’est pourquoi, les pasteurs, laissant les grandes ambitions, devront apprendre à concevoir les projets paroissiaux selon les possibilités ou moyens réels de la communauté. Ou avant de commencer des œuvres qui peuvent porter à des dettes, il leur faudra non seulement prendre l’avis du conseil pastoral mais aussi avertir la communauté des fidèles. Les dettes ternissent et tuent parfois les bonnes relations des pasteurs entre eux (surtout aux successions) et des pasteurs avec leurs fidèles.
  • La mauvaise gestion des personnes conduit au non respect des personnes, âgés ou non, au mauvais traitement des fidèles : colère, arrogance, éclats de voie, insultes, manque de collaboration etc.… Les fidèles, quel que soit leur état (marié ou non), leur âge (enfant, jeune, adulte, ancien), leur sexe (homme ou femme) portent en eux une valeur et une dignité, celle de fils de Dieu. Dieu lui-même leur protège cette dignité, quels que soient leurs péchés. Ils ne viennent pas ou ne participent aux diverses célébrations liturgiques à cause du curé mais à cause de Dieu. Ils ne recherchent pas le pasteur ou le curé mais ils cherchent Dieu. Autrement, ils ne braveraient pas parfois les intempéries, ils ne laisseraient pas leurs activités pour venir aux liturgies paroissiales. Dans chaque fidèle, les pasteurs doivent respecter la présence de Dieu.

Père Jacques Mahougnon AGOSSOU,

Canoniste

QUELLE EST LA PROCEDURE DE NOMINATION D’UN CURE ?

Dans les affaires ou questions juridiques, la procédure n’est pas une simple formalité car, si elle n’est pas respectée, cela peut irriter l’acte à poser ou le rendre nul. Cet article nous instruit sur la procédure de nomination d’un curé de paroisse. Répond-il à la réalité vue ou vécue ?

Nous précisons avant tout que seul et exclusivement l’évêque diocésain est compétent à nommer un curé de paroisse (c. 523). Les vicaires généraux ou épiscopaux, même s’ils sont revêtus du caractère épiscopal, ne peuvent donc pas pourvoir à l’office du curé. Sans mandat spécial, cette nomination est invalide. L’administrateur diocésain ou celui qui dirige provisoirement le diocèse, ne peut pas nommer les curés, sauf si le siège épiscopal est vacant (c. 416) ou empêché (c. 412).

Avant de le nommer, l’évêque s’assurera de l’idonéité du sujet ou des qualités requises par le droit universel ou particulier pour la fonction curiale (cc. 521, 524). Et si l’évêque confiait une paroisse à un prêtre non idoine, la provision de l’office sera invalide si ces qualités requises sont expressément exigées à peine de nullité par le droit universel ou particulier (c. 149 § 2), sinon elle est valide, mais elle peut être rescindée par décret de l’autorité compétente ou par sentence du tribunal administratif » (c. 149 § 2). Or pour la validité de la nomination d’un curé, il faut l’ordination presbytérale (521 § 1). Pour juger de l’idonéité du candidat, le législateur fait l’obligation à l’évêque diocésain d’écouter le vicaire forain (c. 524). Cette consultation est exigée pour la validité de l’acte selon le canon 127 § 2, 2.

Le vicaire forain en effet peut offrir des éléments significatifs sur la situation de la paroisse et sur le profil ou le type de prêtre qu’il faut y nommer. Certains auteurs estiment que la consultation du vicaire forain n’est pas une condition pour la validité de la nomination.

L’évêque fera aussi une enquête appropriée, en écoutant le cas échéant certains prêtres, ainsi que des laïcs (c. 524). Parmi ces prêtres peuvent figurer le ou les vicaires paroissiaux de la paroisse à pourvoir ou des prêtres qui connaissent bien le candidat, ou du curé du candidat s’il était vicaire. Les laïcs à consulter peuvent être les membres du conseil paroissial de pastoral.

Une telle consultation doit devenir ordinaire pour mieux exprimer la participation et la coresponsabilité ecclésiale des laïcs. L’évêque diocésain nommera le curé si la paroisse où il va est vacante. Autrement la nomination est invalide, selon le canon 153 § 1.

Nous souhaitons que l’évêque, autant que faire se peut, rencontre aussi personnellement les sujets avant de les nommer curés. Cet entretien sera, à plusieurs égards, bienfaisant pour l’un et l’autre. Il est aussi souhaitable qu’il n’omette pas les consultations prévues par le législateur.

Père Jacques Mahougnon AGOSSOU

Canoniste

LE VICAIRE FORAIN

Le vicaire forain, en coordonnant l’activité pastorale de son district, favorise le ministère pastoral en faveur des fidèles. Ses attributions sont nombreuses.

Le curé doyen encore appelé vicaire forain ou archiprêtre est le prêtre mis à la tête d’un décanat ou vicariat forain, c’est-à-dire le regroupement, dans un même diocèse, de plusieurs paroisses pour mieux exercer le ministère pastoral en faveur des fidèles.

Le pouvoir du curé doyen est certes ordinaire, c’est-à-dire lié à son office mais vicaire (c. 131 §§ 1-2), c’est-à-dire exercé au nom de l’évêque diocésain.

Il doit être un prêtre, nommé librement par l’évêque diocésain qui peut, donc, à tout moment, le révoquer pour une juste cause (c. 554 §°3).

En effet sa nomination est à temps déterminé, fixé par le droit particulier (c. 554 § 2).

Cet office n’est pas du tout lié, comme nous le croyons ou le voyons souvent, à une paroisse déterminée (c. 554 § 1). Et pour cause ! Le vicaire forain peut être un curé ou un simple prêtre, diocésain ou religieux.

Mais il importe qu’il ait une certaine expérience pastorale, un grand et réel esprit d’ouverture et de disponibilité, et jouisse de l’estime et de la confiance des confrères. C’est pourquoi, l’évêque ne nommera qu’un prêtre idoine, après avoir analysé ou considéré les circonstances de lieux et de temps (c. 554 § 1).

Les attributions du curé doyen sont nombreuses (c. 555) :
- promouvoir et coordonner l’action pastorale commune dans le vicariat forain ;
- veiller à ce que les clercs de son district se conduisent conformément à leur état et remplissent leur office avec soin ;
- il veillera aussi à la beauté et la propreté des églises, du presbytère, du mobilier et des objets sacrés, à la tenue des registres paroissiaux, à la juste et bonne administration des biens ecclésiastiques.

- C’est pourquoi, « le vicaire forain est tenu par l’obligation de visiter les paroisses de son district selon les directives portées par l’évêque diocésain ».
- Il réunira à des dates déterminées les prêtres de son district pour des cours, des réunions théologiques ou des conférences, selon le can. 279, §2 ;
- il apportera un secours spirituel et matériel aux prêtres gravement malades de son district, et veillera aux dignes funérailles des prêtres décédés de son doyenné.
- En considérant le canon 555, §3, il veillera encore en cas de maladie ou de décès, à ce que les registres, les documents, les objets sacrés et les autres choses appartenant à l’Eglise ne soient ni perdus ni dérobés.

Quelle noble, exaltante et grave tâche pour le bien des fidèles ! Quel ministère de sentinelle ou mieux de vigilance pastorale pour le salut des âmes !

Père Jacques AGOSSOU

Qu’est-ce qu’une excommunication latae sententiae ?

Avec la publication dans la Croix du Bénin du décret d’excommunication latae sententiae prononcée par l’Évêque du diocèse d’Abomey, plusieurs fidèles se demandent ce qu’une telle décision signifie. Nous essayons d’en donner une réponse. D’autres articles suivront pour voir si la sanction portée contre les intéressés est légitime et quelles en sont les conséquences concrètes.

Dans le canon 2257 du code de 1917, l’excommunication est « une censure par laquelle quelqu’un est exclut de la communion des fidèles, avec les effets énumérés dans les canons qui suivent, et qui ne peuvent en être séparés ». Dans l’Église, il existe deux types de communion : celle interne qui consiste dans le fait que ceux qui sont dans la grâce de Dieu sont membres vivants du Corps mystique du Christ et ils peuvent prier, et communier à tous les biens de l’Esprit. C’est la communion personnelle du fidèle avec son Dieu. La communion externe consiste dans l’union à la communauté visible externe de l’Église en vertu de laquelle tous les fidèles participent aux biens que le Christ a confiés à l’Église. L’Église ne peut pas concéder ni soustraire la communion interne. Mais elle peut priver les fidèles de ces biens que le Christ lui a confiés et qu’elle dispense aux fidèles à travers son ministère. Ces sont les biens des sacrements, des sacramentaux, le bien de la Parole de Dieu et des autres biens spirituels qu’offre l’Eglise. Ainsi L’excommunié n’est pas exclu de l’Église catholique, mais de la communion in sacris, c’est-à-dire de la participation aux différents sacrements. Le code de 1983 distingue deux types d’excommunication : l’excommunication ferendæ sententiæ est celle qui ne frappe pas le coupable tant qu’elle n’a pas été intimée par une décision judiciaire ou administrative ; l’excommunication latæ sententiæ est celle encourue du fait même de la commission du délit (c. 1331). Il est des excommunications latae sententiae réservées au Siège Apostolique : la profanation des espèces eucharistiques (c. 1367) ; la violence physique contre le Pontife Romain (c. 1370) ou le meurtre du Pontife Romain (c. 1397) ; l’absolution du ou de la complice dans le péché contre le sixième commandement du Décalogue (c. 1378 § 1) ; l’ordination d’un évêque sans mandat pontifical (c. 1382). Les évêques coconsécrateurs étant coauteurs encourent la même peine selon les dispositions du canon 1329. ; la violation directe du secret sacramentel (c. 1388 § 1 ; Cf. c. 983). D’autres sont réservé à une autre autorité compétente comme l’évêque diocésain : l’apostasie, l’hérésie et le schisme (c. 1364 ; Cf. c. 751) ; l’avortement consommé ou suivi d’effet (1398). Les complices et les co-délinquants de ce délit contre la vie encourent la même peine en vertu du canon 1329 ; selon la gravité du délit, l’attentat à la célébration eucharistique et l’absolution sacramentelle sans la faculté requise (c. 1378 § 3). L’excommunication une peine médicinale, pour la guérison du coupable d’un délit. L’Église, mère et éducatrice, punit pour sauver. Père Jacques Mahougnon AGOSSOU Docteur en Droit canonique

La sanction de Parfaite et de l’Abbé Mathias VIGAN est-elle légitime ?

Nous venons avec cet article donner une réponse à ceux qui critiquent la sanction de l’Évêque d’Abomey et de la dernière déclaration de la Conférence des Évêques du Bénin par rapport au phénomène de Banamè.

LA CEB DECLARE L’excommunication, comme la suspense et l’interdit, est une censure ou une peine médicinale : elle est infligée ou déclarée comme un remède ou moyen de guérison du délinquant. Son inflixion doit être le dernier recours pour le bien du sujet. C’est pourquoi, en cas de délit, avant l’ouverture d’une procédure judiciaire ou administrative pour punir d’une censure, il faut d’abord utiliser tous les moyens de la sollicitude pastorale de la correctio (correction paternelle et fraternelle) ou de la correptio (la réprimande).

Ainsi avant l’excommunication de Vicentia TCHRANVOUKINI dite Parfaite et de l’Abbé Mathias VIGAN, l’évêque du diocèse d’Abomey avait personnellement rencontré les intéressés. Il leur avait fait des avertissements devant le Collège des Consulteurs le 04 janvier 2010. Ensuite, selon les dispositions du droit, après l’avertissement, l’ordinaire du lieu, doit laisser aux coupables un temps convenable pour qu’il vienne à résipiscence (c. 1347 § 1). Ne voyant aucun signe d’amendement, il a fait, un an après, une autre monition (avertissement), à traves l’Instruction du 20 janvier 2011 car l’avertissement doit être écrit (c. 1339 §§ 1.3)

Après toutes ces mesures et précautions et devant « l’obstination dans les erreurs » et « l’absence totale de repentir et d’amendement et de soumission » des coupables, car l’Abbé Mathias VIGAN a violé la sanction canonique de suspense a divinis et aggravé son cas « en permettant à Parfaite de lui conférer, sans qualité et compétence une charge épiscopale et papale, l’autorité compétente a été obligée de porter le décret d’excommunication le 25 janvier 2013, soit un an après l’Instruction ci-dessus mentionnée. Dans le cas des délinquants, il y a eu les deux éléments objectif et subjectif constitutif de tout délit (l’apostasie et le schisme pour le cas en étude) à savoir : la violation externe d’une loi et l’imputabilité des sujets après les enquêtes (Cf. c. 1321 § 1). Il n’y a eu aucune cause excusant d’imposer la peine (c.1323), aucune circonstance atténuante (c. 1324) ou pouvant adoucir la peine ou la remplacer par une pénitence canonique.

Au regard de tout, nous pouvons aisément conclure que le décret d’excommunication porté par l’évêque du diocèse d’Abomey est légitime car il est ad normam iuris et sans aucun vice de procédure. Il a été motivé en fait et en droit. Mais la cause n’est pas perdue car pour Dieu aucun homme n’est perdu. Si les sanctionnés reviennent dans la fidélité à la foi de l’Église, l’excommunication peut être encore levée

Père Jacques Mahougnon AGOSSOU,

Docteur en droit canonique

Qu’appelle-t-on peines expiatoires ?

Après avoir commis un délit, le coupable, même s’il est absous au for interne ou quand la peine est levée, peut être amené à rétablir le dommages créés par son acte délictueux. Justice oblige ! Telle est la finalité des peines expiatoires !

Qu’appelle-t-on peines expiatoires ? Les peines expiatoires sont celles par lesquelles le délinquant répare le délit ou la faute commise et restaure, dans l’Église, l’ordre publique que son action a violé. Dans le CIC 1983, les peines expiatoires sont entre autres : l’interdiction ou l’ordre de demeurer dans un lieu ou un territoire donné (c. 1336 § 1).

A ce propos, le canon 1337 précise à juste titre : « L’interdiction de demeurer dans un lieu ou un territoire donné peut atteindre les clercs ou les religieux ; mais l’ordre d’y demeurer peut atteindre les clercs séculiers et, dans les limites de leurs constitutions les religieux. Pour que l’ordre de demeurer dans un lieu ou un territoire donné soit infligé, il faut de plus le consentement de l’Ordinaire de ce lieu, à moins qu’il ne s’agisse d’une maison destinée aussi aux clercs extra-diocésains qui doivent faire pénitence ou s’amender ».

Est aussi peine expiatoire, la privation d’un pouvoir, d’un office, d’une charge, d’un droit, d’un privilège, d’une faculté, d’une faveur, d’un titre, d’une marque de distinction même purement honorifique (c. 1336 § 1, 2). Un ordinaire du lieu, ne peut priver un sujet de ces réalités – du canon 1336 § 1, 1.2 - qui sont de la compétence du Saint Siège ou d’un autre ordinaire (c. 1338 § 1). En outre, une personne ne peut être privée du pouvoir d’ordre mais seulement de son exercice en tout ou en partie. De la même manière, on ne prive pas des titres ou grades académiques légitimement conquis mais l’on peut suspendre de l’enseignement (c. 1338 § 2).

Comme peine expiatoire, il faut citer l’interdiction d’exercer, dans un lieu ou hors d’un lieu donné, les pouvoirs ou charges énumérées au canon 1336 §, 2. Ces interdictions ne sont jamais sous peine de nullité (c.1336 § 1, 3°). Elles admettent même des exceptions ou sont suspendues en cas de danger de mort, ou quand la peine latae sententiae n’est pas encore déclarée et que le fidèle demande spontanément au ministre sacré un sacrement ou sacramental (Cf. cc. 1335, 1338 § 3).

Les peines expiatoires sont à notre avis une manière de rétablir la justice et de rétablir l’ordre public ecclésial que nul ne doit troubler ou envenimer par son comportement délictueux. Elles ne sont pas des peines médicinales car elles concernent l’acte délictueux et non pas l’amendement du coupable. Elles peuvent donc être à temps déterminé, indéterminé et même perpétuel car elles ne dépendent pas de la guérison ou de l’amendement du coupable.

Père Jacques M. AGOSSOU

Un polygame peut-il célébrer le mariage canonique ? ?

Le temps de carême est celui où plusieurs adultes cherchent à régulariser leur situation matrimoniale. Parmi eux se trouvent parfois sinon souvent des polygames non baptisés et même baptisés. Le présent article prend en compte le cas des polygames non baptisés ayant plus d’une femmes non baptisées.

Ce sujet est un véritable casse-tête dans la pastorale matrimoniale, surtout en ce temps de carême où les adultes sont "sacramentalisés" ou retournent à la Table sainte. Le canon 1148 considère le cas d’un polygame non baptisé qui reçoit le baptême dans l’Église Catholique mais qui a simultanément et non successivement plusieurs femmes non baptisées. Il aurait successivement les femmes, si c’est après avoir renvoyé une qu’il épouse une autre. La réception du baptême lui impose de ne garder comme légitime qu’une seule femme. Selon la loi, il ne devrait garder que la première en tant que vraie femme, les autres étant considérées comme des concubines. Mais s’il lui est dur de garder la première femme, il peut choisir une autre comme légitime, ceteris dimissis, c’est-à-dire, après avoir renvoyé ou éloigné les autres femmes. L’abandon des autres femmes est toujours nécessaire mais pas au sens matériel du terme. Elles peuvent continuer à vivre avec la partie baptisée pourvu qu’on soit certain qu’ils ne vivent plus more uxorio, c’est-à-dire comme mari et femme. Mais il faut écarter tout danger de scandale et de péché. C’est pourquoi, ordinairement chez nous, on demande que l’homme polygame qui veut recevoir le baptême se sépare matériellement ou physiquement des autres femmes. Parfois il faut tenir compte de l’état physique, moral des femmes en question pour décider de leur éloignement ou non. C’est pourquoi, une analyse des cas en présence s’impose. Ce qui est dit de l’homme polygame vaut aussi pour la femme polyandrique qui aurait simultanément plusieurs maris non baptisés. Le canon 1148 § 2 prescrit que le polygame qui reçoit le baptême est tenu à la forme canonique. A l’égard des autres femmes s’imposent des devoirs de justice et de charité chrétienne (c. 1148 § 3). Pour ces femmes, le polygame baptisé doit par exemple prévoir la pension alimentaire et prendre en charge les enfants issus de ces unions. Deux cas de figure pourraient se présenter : parmi ses nombreuses femmes, il pourrait se trouver une baptisée ; ou bien le polygame baptisé peut vouloir carrément se marier avec une autre femme qui ne soit pas de sa « cour ». Que faire ? Nous souhaitons que les cas de mariage ou de la "sacramentalisation" des adultes et surtout des polygames soient bien étudiés, analysés pour éviter éventuellement des erreurs surtout qu’il y en a qui parfois ne disent pas toujours la vérité sur leur situation matrimoniale. La résolution de ces cas peut se faire en dehors du temps de carême ou des sacrements donnés durant la veillée pascale.

Père Jacques M. AGOSSOU Canoniste

Existe-t-il un registre ou une attestation des ordinations ?

Le registre, l’attestation et la notification des ordinations sont des exigences juridiques liées à l’importance du sacrement de l’ordre. Il importe que chacun de nos diocèses se conforme à ces dispositions du droit pour le bien de tous.

L’ordre est un sacrement à caractère. Il engage dans un état de vie de toute la vie. Comme tous les autres sacrements, il doit être enregistré dans un livre ad hoc. C’est pourquoi le canon 1053 § 1 dispose : « L’ordination achevée, le nom de chacun des ordonnés et du ministre de l’ordination, le lieu et le jour de l’ordination seront notés dans un registre spécial diligemment conservé à la curie du lieu d’ordination, et tous les documents de chacune des ordinations seront gardés avec soin ». Les autres documents à conserver dans les archives de la curie diocésaine sont : l’attestation des études dûment accomplies, selon le can. 1032 ; s’il s’agit d’ordinands au presbytérat, une attestation de la réception du diaconat ; s’il s’agit de candidats au diaconat, une attestation de baptême et de confirmation, ainsi que de la réception des ministères dont il s’agit au can. 1035 ; de plus, une attestation de la déclaration écrite et signée de sa propre main, par laquelle il atteste qu’il recevra l’ordre sacré spontanément et librement et qu’il se consacrera pour toujours au ministère ecclésiastique, demandant en même temps d’être admis à recevoir l’ordre (c.1036) ; l’attestation du recteur du séminaire ou de la maison de formation (Cf. cc. 1050.1051) et les lettres dimissoriales (c. 1052) dans les archives de la curie de l’évêque qui a ordonné le candidat. L’évêque qui a ordonné doit par ailleurs délivrer à l’ordonné une attestation authentique de l’ordination reçue. Si l’ordination a été conférée par un autre (avec lettres dimissoriales) que son ordinaire propre, il présentera à ce dernier ladite attestation pour qu’on en fasse la transcription dans le registre spécial de la curie (c. 1053 § 2). De même, l’ordination reçue doit être notifiée dans le registre de baptême de l’ordonné (1054). A ce niveau, plusieurs interrogations nous viennent à l’esprit : combien de curies diocésaines de notre Eglise locale disposent de ce registre spécial des ordinations ? Les ordinaires du lieu donnent-ils vraiment cette attestation d’ordination ? Les ordinations faites par un autre évêque que l’évêque propre ont-elles conférées avec lettres dimissoriales ? Si oui, les évêques donnent-ils une attestation pour un candidat qui n’est pas le leur ? Une prise de conscience ou un changement s’impose en ce domaine. Quand on comprend l’importance de ces documents, aucune négligence serait permise dans l’enregistrement des ordinations tant à la curie diocésaine que dans les registres de baptême de l’ordonné. Et pour cause ! Dans les enquêtes matrimoniales par exemple, le curé cherche s’il n’y a pas pour l’époux un empêchement dirimant d’ordre sacré. Comment le savoir s’il n’y a pas eu l’enregistrement de l’ordination dans le registre de baptême de l’ordonné ?

Père Jacques Mahougnon AGOSSOU

Canoniste

Les publications de bans d’ordination sont-elles nécessaires ?

En comprenant les publications de bans comme nous l’expliquons dans les lignes suivantes, les fidèles participent activement au discernement des vocations. Que la vérité dans la charité guide cet acte de grande importance et valeur dans la réception des sacrements et de l’ordre en particulier.

De par leur nature, les sacrements ne sont pas des actes privés mais publics : ils sont œuvres du Christ et de l’Eglise. Les sacrements de mariage et de l’ordre engagent dans un état de vie de toute la vie. C’est pourquoi, ordinairement, on fait la publication des bans de ces sacrements. Il s’agit de véritables enquêtes canoniques pour prouver l’idonéité des sujets à célébrer ou à recevoir lesdits sacrements. En ce qui concerne les ordres du diaconat et du presbytérat, le canon 1043 dispose : « Les fidèles sont tenus par l’obligation de révéler avant l’ordination à l’Ordinaire ou au curé, les empêchements aux ordres sacrés dont ils auraient connaissance ». Les irrégularités ou empêchements à recevoir l’ordre sont énumérés aux canons 1041 et 1042. Les enquêtes canoniques par la publication des bans d’ordination ont aussi pour but de vérifier si les candidats aux ordres jouissent des qualités requises par le droit : la liberté voulue (c. 1026 ; cf. c. 1036) ; une foi intègre ; une intention droite ; la science voulue ;’une bonne réputation, une intégrité de mœurs ; les aptitudes physiques et psychiques ; des vertus éprouvées (1029). Mais le Supérieurs ou l’évêque peut choisir d’autres moyens qui lui paraissent utiles pour faire ces enquêtes : les lettres testimoniales, les renseignements qu’il peut demander à des clercs, à des fidèles laïcs ou religieux (c. 1051 § 2). C’est ici que nous proposons que, dans le respect des personnes, le conseil paroissial de pastorale aide le curé ou l’ordinaire du lieu non seulement dans le discernement des vocations mais aussi dans les enquêtes canoniques en vue du diaconat ou de presbytérat. L’appel aux ordres avant les résultats des publications de bans n’oblige pas l’évêque à conférer l’ordre, car si les enquêtes révèlent des empêchements ou des irrégularités, le candidat ne sera pas ordonné. A ce propos le législateur affirme : « Si malgré tout cela, pour des raisons déterminées, l’évêque doute de l’idonéité du candidat à recevoir les ordres, il s’abstiendra de le promouvoir » (c. 1052 § 3). Somme toute, à travers la publication des bans d’ordination, l’Eglise valorise la participation de tous les fidèles au discernement des vocations et au soin dans le choix de qualité des candidats aux ordres. C’est à la fois un honneur et une charge pour les fidèles. C’est une obligation juridique des fidèles de révéler les irrégularités et empêchements qu’ils connaissent d’un candidat aux ordres. Leur silence à ce sujet est et sera toujours coupable. Il est même un péché contre la vérité et contre l’Eglise.

Père Jacques Mahougnon AGOSSOU

Canoniste

La publication des livres liturgiques suit-elle une discipline ?

Les livres liturgiques sont ceux prescrits par l’Église pour la célébration de la sainte liturgie : missels, rituels, bréviaires. En considérant le lien étroit en la « lex orandi » et la « lex credendi », le législateur, pour éviter que des erreurs se glissent dans les célébrations liturgiques, donne des clarifications de grande importance. C’est pourquoi le canon 838 dispose : « L’ordonnancement de la sainte liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Église ; cette autorité est détenue par le Siège Apostolique et, selon le droit, par l’Évêque diocésain. Il revient au Siège Apostolique d’organiser la sainte liturgie de l’Église tout entière, d’éditer les livres liturgiques, de reconnaître leurs traductions en langues vernaculaires et de veiller à ce que les règles liturgiques soient fidèlement observées partout. Il appartient aux conférences des Évêques de préparer les traductions des livres liturgiques en langues vernaculaires, en les adaptant de manière appropriée dans les limites fixées par ces livres liturgiques, et de les publier après reconnaissance par le Saint-Siège. En matière liturgique, il appartient à l’Évêque diocésain de porter, pour l’Église qui lui est confiée et dans les limites de sa compétence, des règles auxquelles tous sont tenus ». Il apparait donc clairement que la traduction des livres liturgiques en langues vernaculaires doit être une œuvre commune ou de communion ecclésiale de toute la conférence des évêques d’un pays et non une tâche individuelle ou isolée de chaque évêque diocésain. Elle doit obtenir la ricognitio de la Congrégation du culte divin et de la discipline des Sacrements, restant sauve la compétence de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Pour la réédition des livres liturgiques, leurs traductions en langue vernaculaire, ainsi que des parties de ces livres, l’ordinaire du lieu doit donner une attestation certifiant leur concordance avec l’édition approuvée (édition typique). Celle-ci, souvent en latin, est publiée par la Typographie vaticane sur l’autorisation de la Congrégation du culte divin et de la discipline des Sacrements. Cela exige donc que l’équipe de traduction ou de censure des livres liturgiques aie une connaissance minimale du latin. La traduction des livres liturgiques est certes nécessaire et urgente en certains endroits de notre Église locale. Mais nous souhaitons qu’elle se fasse sans hâte ou précipitation frénétique dans le respect des normes juridiques qui protège la vie de foi et de prière des fidèles.

A quoi sert un grand séminaire ?

Après la célébration du centenaire du séminaire saint Gall de Ouidah, nous proposons quelques articles pour mieux comprendre le grand séminaire.

« C’est le devoir de l’Église et son droit propre et exclusif de former ceux qui sont destinés aux ministères sacrés ». A travers cette disposition du canon 232, le législateur se prémunit contre les intrusions illégitimes de pouvoirs étrangers à l’Église en ce qui concerne la formation des ministres sacrés. Ceux-ci sont formés dans les séminaires dont les origines remontent au concile de trente. Entre autres cadres de formations, le grand séminaire occupe une place de choix. Le décret sur la formation des prêtres affirmait déjà : « Les grands séminaires sont nécessaires pour la formation sacerdotale » (OT 4a). Dans la même logique, le canon 235 § 1 réaffirme le caractère obligatoire du grand séminaire. En considérant le sens juridique des verbes au futur dans le code de droit canonique, nous pouvons dire que le canon 237 § 1 rend obligatoire l’érection d’un grand séminaire dans chaque diocèse. Telle est la norme générale. Autrement, les candidats au sacerdoce seront confiés à un autre séminaire, ou bien un séminaire interdiocésain sera érigé. Nous distinguons deux types de grand séminaires interdiocésains : ceux qui sont communs à plusieurs diocèses et ceux qui sont établis pour l’ensemble d’une région ou d’un pays. Selon les cas, c’est, ou bien la conférence des évêques ou bien les évêques intéressés qui les établissent ; mais, pour les deux types de séminaires, leur érection et les statuts qui les régissent doivent être approuvés par le Siège apostolique. C’est la signification du canon 237, § 2 qui dispose : « Aucun séminaire interdiocésain ne sera érigé, ni par la conférence des Évêques s’il s’agit d’un séminaire pour tout son territoire, ni par les Évêques concernés, sans l’approbation préalable du Siège Apostolique tant pour son érection que pour ses statuts ». La finalité de tout grand séminaire est de donner aux jeunes aspirant au sacerdoce une formation spécifiquement sacerdotale, ordonnée spirituellement et pastoralement au ministère sacré (c. 235 § 1). Cette formation s’adresse à des personnes qui ont muri de façon responsable leur vocation et qui démontrent positivement d’en avoir les capacités et les qualités (humaines et morales, spirituelles et intellectuelles, santé physique et psychique) requises (c. 241 § 1). Au terme de ce parcours, nous nous demandons si la création de grand séminaire dans chaque diocèse ne permettra pas un saut de qualité dans la formation des candidats au sacerdoce. Si oui, comment y parvenir ?

La messe d’un excommunié est-elle valide ?

Avec le phénomène de Banamè, plusieurs se posent la question sur la validité des messes célébrées par les prêtres qui font partie de ce cercle religieux. Le présent article y apporte une réponse.

Avec la suspense et l’interdit, l’excommunication fait partie des trois censures ou peines médicinales dans l’Église (cc. 1331-1335). Elle coupe le fidèle de la communion ou de l’harmonie avec l’Église. Après avoir affirmé que seul un prêtre validement ordonné célèbre validement l’Eucharistie, le législateur dispose : « Le prêtre non empêché par la loi canonique célèbre licitement l’Eucharistie en observant les dispositions des canons qui suivent » (c. 900 § 2). Le prêtre frappé par l’excommunication n’a pas le droit de célébrer licitement la messe.

Ainsi les facteurs de la licéité de la célébration de la messe sont double :

  • d’une part que le ministre ne soit pas empêché par la loi canonique en raison d’une quelconque irrégularité ou d’un empêchement (cf. c. 1044) ou par une sanction pénale qui en interdise l’exercice ;
  • d’autre part qu’il respecte dans la célébration, les normes prescrites pour la licéité selon les canon du code de droit canonique.

Rappelons au passage, qu’est irrégulier ou empêché d’exercer l’ordre reçue : celui qui a reçu illégitimement les ordres alors qu’il était sous le coup d’une irrégularité pour leur réception ;

celui qui a commis le délit d’apostasie, d’hérésie ou de schisme (c. 1041, 2), si le délit est public ;

celui qui a attenté un mariage, même purement civil, alors qu’il est lui-même empêché de contracter mariage à cause du lien matrimonial, ou d’un ordre sacré, ou du vœu perpétuel de chasteté, ou parce qu’il s’est marié avec une femme déjà validement mariée ou liée par ce même vœu ;

celui qui a commis un homicide volontaire ou procuré un avortement suivi d’effet, et tous ceux qui y ont coopéré positivement ;

celui qui, d’une manière grave et coupable, s’est mutilé ou a mutilé quelqu’un d’autre, ou celui qui a tenté de se suicider (1041 nn. 3, 4, 5, 6) ;

celui qui est atteint de folie ou d’une autre maladie psychique dont il s’agit au can. 1041 n. 1, jusqu’à ce que l’Ordinaire, après consultation d’expert, lui permette l’exercice de son ordre (c. 1044 § 2, 2).

Mais si le prêtre excommunié ou sous le coup d’une censure décide de célébrer la messe, cette célébration sera valide mais illicite. En d’autres termes, s’il célèbre l’Eucharistie, la transsubstantiation a bel et bien lieu à la consécration.

En d’autres termes, la validité de la célébration de la messe dépend de la valeur juridique de l’ordination reçue. Si celle-ci est invalide, la messe célébrée est aussi invalide. Ce sujet interpelle la conscience de tous ceux qui célèbrent encore la messe alors qu’ils sont irréguliers ou empêchés d’exercer l’ordre reçu selon les dispositions du droit.

Père Jacques M. AGOSSOU, Canoniste

Qu’est-ce qu’un sanctuaire ?

Le développement des sanctuaires dans nos diocèse nous conseille de clarifier leurs contours canoniques. Parfois, ils tentent de devenir refuge de fidèles qui désertent la vie de paroisse se confondant ainsi aux paroisses.

Les normes sur les sanctuaires se trouvent dans le Livre IV sur la fonction de sanctification de l’Eglise et plus précisément au chapitre 3 de la quatrième partie du livre consacrée aux lieux et temps sacrés. Juridiquement, le sanctuaire est défini comme « une église ou un autre lieu sacré où les fidèles se rendent nombreux en pèlerinage pour un motif particulier de piété avec l’approbation de l’Ordinaire du lieu » (c. 1230). Ces trois éléments (un lieu sacré ou une église, l’affluence des fidèles et l’approbation de l’Ordinaire du lieu) doivent se réunir pour qu’on parle de sanctuaire. Le motif particulier de l’affluence ou de dévotion spéciale des fidèles peut être la vénération de reliques ou d’une image sacrée à laquelle les fidèles attachent une importance particulière. L’approbation de l’ordinaire du lieu est de l’ordre prudentiel. Elle intervient après une longue expérimentation et une profonde appréciation des faits. Sans cette autorisation, nous ne pouvons pas parler de sanctuaire au sens juridique. Nous avons plusieurs types de sanctuaires : les sanctuaires diocésains créés avec l’approbation de l’évêque diocésain (comme les sanctuaires Christ Rédempteur de l’Homme à Parakou ou Maria-Tokpa à Porto-Novo) ; les sanctuaires nationaux (Dassa-Zoumè) avec celle de la Conférence des Evêques et les sanctuaires internationaux (Lourdes, Pompei, Lorette) avec celle du Saint Siège. Dans les sanctuaires, les activités doivent viser le salut des âmes. On y offre des moyens de sanctification et de salut : l’annonce de la Parole de Dieu ; les célébrations liturgiques surtout pour la célébration de l’Eucharistie et de la pénitence, les pratiques éprouvées de piété populaire (c. 1234). Ce canon ne parle pas des autres sacrements car les sanctuaires ne sont pas des paroisses et ils ne doivent pas rompre ou être en concurrence avec les paroisses. En d’autres termes, on est fidèle d’une paroisse et non fidèle d’un sanctuaire. Mais les chrétiens peuvent être fidèles à un sanctuaire car ils le fréquentent souvent. Pour éviter tout conflit et confusion entre les sanctuaires et les paroisses, il importe que ces aient des statuts qui définissent clairement leurs buts, l’autorité du recteur, la propriété et l’administration des biens (c. 1232 § 2). Les sanctuaires sont des lieux de conversion, de pénitence et de réconciliation avec Dieu pour le salut. S’ils perdent cette finalité pour d’autres intentions non avouées, ils n’ont plus leur raison d’être. Nos sanctuaires doivent se doter aussi de statuts pour atteindre leur objectif et les dévotions qui s’y pratiquent seront éprouvées pour éviter déviations et tous abus. D’où la vigilance des recteurs des sanctuaires pour que tout se passe selon la foi et la doctrine de l’Eglise catholique. Que l’on évite aussi de transformer les sanctuaires en paroisse. A ce propos, l’ordinaire du lieu a un grand rôle à jouer car les paroisses sont les structures ou divisions obligatoires des diocèses (c. 374 §1) et non les sanctuaires. Les fidèles doivent certes nourrir leur vie spirituelle en allant prier dans les sanctuaires. Mais ils ne doivent pas fuir la vie communautaire de la paroisse pour se réfugier dans les sanctuaires.

LES JOURS ET TEMPS DE PENITENCE

En considérant le précepte du Christ (Mt 16, 24 ; Lc 4, 1-2 ; Mc 1, 13) et le canon 1249, la pénitence est pour tout chrétien une obligation à la fois morale et juridique. Elle est l’expression du désir d’une sincère conversion au Seigneur et d’une intime participation à la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ. « Les jours et temps de pénitence pour l’Église tout entière sont chaque vendredi de toute l’année et le temps du Carême » (c. 1450).

Il y a différentes formes de pénitence :
- la prière avec une majeure intensité ;
- les œuvres de piété et de charité,
- le renoncement à soi-même dans l’accomplissement plus fidèle de ses obligations propres ou mieux de ses devoirs d’état ;
- surtout l’abstinence et le jeûne.

L’abstinence est la loi qui interdit la consommation de la viande et toute autre nourriture à base de viande : sang, graisse. Mais le poisson, les œufs, les produits laitiers sont permis de même que les condiments à base de graisses animales.

Quant à l’obligation du jeûne, elle prescrit de prendre un seul repas complet durant la journée, mais elle ne défend pas de prendre un peu de nourriture le matin et le soir, en observant toutefois la coutume approuvée des lieux, relativement à la quantité et à la qualité des aliments. Il n’est pas défendu, en jeûnant, de consommer de la viande (à moins que ce soit un jour d’abstinence) et le poisson au même repas ni de remplacer la réfection du soir par celle de midi. Il n’est pas non plus interdit qu’on fasse le jeûne toute la journée, en se privant de tous les repas.

En règle générale, l’abstinence de viande ou d’une autre nourriture sera observée chaque vendredi de l’année, à moins qu’il ne tombe l’un des jours marqués comme solennité ; mais l’abstinence et le jeûne seront observés le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint (c. 1251).

Sont tenus par la loi de l’abstinence, les fidèles qui ont 14 ans accomplis ; mais sont liés par la loi du jeûne tous les fidèles majeurs (18 ans) jusqu’à la soixantième année commencée (c. 1252). Les cas de maladie, de certains durs travaux ou d’autres motifs d’impossibilité réelle et évidente peuvent libérer de l’obligation de l’abstinence et du jeûne.

Sur le jeûne, il serait bon de lire lemessage du Pape Benoit XVI pour le temps de Carême 2009. Toutefois, la Conférence épiscopale peut établir d’autres normes sur l’abstinence, le jeûne et les autres formes de pénitence (c. 1253).

Les fruits des privations les jours de pénitence peuvent servir à des œuvres de charité ou de solidarité avec les plus pauvres. C’est certainement pour cela que les collectes durant la campagne de carême sont destinées, dans notre Église locale, à la Caritas nationale qui soutient tant de pauvres et de démunis. Participons massivement et généreusement à ces collectes pour contribuer à notre salut.

Père Jacques M. AGOSSOU

LES OFFRANDES DE MESSE

Par offrande (stips) de messe, nous entendons ce que le code de 1917 appelait aumône ou honoraire (stipendium) de messe. Il s’agit de l’argent que le fidèle donne pour la célébration de la messe à ses intentions. En référence à une tradition ancienne de l’Eglise et à l’enseignement du magistère ecclésial, le canon 945 § 1 du code actuel confirme expressément la légitimité de cette offrande pour l’application de la messe célébrée ou concélébrée.

Par ce geste, le fidèle ne paie ni n’achète la messe demandée. De même, en acceptant cette offrande, le prêtre ne reçoit nullement une récompense, une rétribution ou ne se fait pas payer le service qu’il rend. Par le don de l’offrande de messe, le fidèle s’associe, s’unit plus intimement au Christ qui s’offre comme victime. En retour il reçoit des fruits spirituels plus abondants.

Les offrandes de messe ont une double finalité décrite par le canon 946 à savoir : contribuer au bien de l’Eglise et participer à son souci pour le soutien de ses ministres et de ses œuvres. Pour la valeur religieuse, spirituelle et théologique, le législateur recommande vivement aux prêtres, « même s’ils n’ont pas reçu d’offrande, de célébrer la messe aux intentions des fidèles, surtout de ceux qui sont dans le besoin » (c. 945 § 2). C’est cela qui explique l’obligation pour les curés, les évêques de célébrer la messe pro populo (les dimanches et aux fêtes de précepte) ; pour cette messe aux intentions du peuple, aucune offrande ne devrait être perçue.

Dans le même ordre d’idée, le code de Jean Paul II fait cette injonction aux prêtres : « En matière d’offrande de messes, on écartera absolument jusqu’à l’apparence de commerce ou de trafic » (c. 947). Toute personne (prêtre ou laïc) qui violerait ce principe encourt des sanctions pénales que le canon 1385 énonce en ces termes : « Qui fait un gain illégitime sur les offrandes de messes sera puni de censure ou d’une autre juste peine ». Ces peines peuvent être l’excommunication, l’interdit ou la suspension, s’il s’agit d’un prêtre. Dans quels cas, ce principe est-il violé ? C’est pourquoi, il faut harmoniser le taux des offrandes dans le même diocèse. Cela éviterait aux fidèles de penser que la messe est "payée" ou "achetée".

Pour enlever cette idée mercantile des messes, il importe aussi que tous - fidèles laïcs et clercs- changent de langage en ne parlant plus d’honoraires mais d’offrandes de messe comme le veut le législateur.

Père Jacques M. AGOSSOU

LE DROIT DE L’EGLISE D’AVOIR DES BIENS

Par Église, on entend dans le livre VI sur les biens temporels, le Saint Siège (c. 361), les Églises particulières (c.368), les personnes juridiques ecclésiastiques privées ou publiques (c.116§2) comme les séminaires, les paroisses, les instituts religieux, les associations des fidèles, les fondations pieuses.

En effet, Corps mystique du Christ, l’Église est aussi une société sui generis. Par conséquent, elle a le droit de posséder des biens. Le canon 1254 qualifie ce droit d’inné, c’est-à-dire naturel, originel et lié à la nature même de l’Église. Ce droit ne lui est pas donné ou concédé par un État. C’est pourquoi, il est dit aussi indépendant, dans son existence et dans son exercice, de tout pouvoir public. Ce droit est aussi plénier car il se rapporte aux aspects tant juridiques qu’économiques. En d’autres termes, l’Église peur acquérir, conserver, administrer et aliéner des biens, dans le respect des solennités et formalités du droit civil. Les finalités de ces biens sont de trois grands ordres que le canon 1254 § 2 décrit comme suit : « Ces fins propres sont principalement : organiser le culte public, procurer l’honnête subsistance du clergé et des autres ministres, accomplir les œuvres de l’apostolat sacré et de la charité, surtout envers les pauvres ». Pour rendre le culte à Dieu, l’Église a besoin de moyens économiques pour construire des édifices ou lieux sacrés (églises, oratoires, chapelles privées, sanctuaires, autels, cimetières) et les entretenir. Plus que les édifices, l’Eglise doit surtout entretenir ses ministres en leur procurant une honnête subsistance, un logement décent. Elle doit assurer leur formation complète (spirituelle, culturelle, intellectuelle, scientifique). Si, pour être à la mesure de la tâche aujourd’hui, nos diocèses ont besoin d’experts en différentes disciplines tant sacrées que profanes, il faut trouver ou disposer des moyens financiers pour payer leurs études où qu’elles se fassent. Or de nos jours, les bourses d’études étrangères se font de plus en plus rares. De même, pour organiser les retraites spirituelles au niveau diocésain, national, en faveur des ministres sacrés, il faut des moyens matériels. La troisième finalité des biens temporels de l’Église est l’accomplissement de l’apostolat et de la charité en un monde où les pauvres se multiplient, avec divers besoins et pas des moindres. En effet, si nous devons soulager toutes les misères et éradiquer la pauvreté du monde contemporain (ce qui est d’ailleurs utopique et idéaliste), l’Église doit disposer et mobiliser de grands moyens économiques et beaucoup d’énergies. Ces biens dont se servira l’Église viendront d’abord et avant tout de la générosité de ses fils et filles, les fidèles.

Que la charité imprègne donc les critiques contre l’Église et ses biens car il faut, dans certains cas, distinguer les biens de l’Église d’avec les biens d’une personne ou d’un serviteur de l’Église.

Peut-on célébrer la messe pour des membres défunts d’Eglises ou de communautés chrétiennes non catholiques ?

S’il est des conditions pour célébrer la messe aux membres des communautés chrétiennes non catholiques, il est interdit de faire mention de leurs prénoms et ceux des non baptisés dans la prière eucharistique.

Dans l’Eglise catholique, les funérailles chrétiennes comprennent non seulement le transport du corps ou des cendres et leur accueil à l’Église mais aussi l’accomplissement des rites funéraires avec ou sans eucharistie pour la personne défunte et l’inhumation du corps ou des cendres dans un lieu régulièrement déterminée (cimetière ou columbarium dans un cimetière) pour servir à la sépulture des fidèles.

Toute personne baptisée dans l’Église catholique, en principe y a droit. Étant assimilés aux fidèles, les catéchumènes (c. 206, CIC 83) jouiront aussi des funérailles chrétiennes (c ; 1183 § 1, CIC 83 ; Cf Le Livre de célébration des sacrements). Selon le canon 1183 § 2, CIC 83, l’Ordinaire du lieu peut permettre que les funérailles ecclésiastiques soient accordées aux petits enfants que leurs parents avaient l’intention de faire baptiser mais qui sont morts avant le baptême. La permission de l’Ordinaire du lieu est aussi requise pour que les personnes appartenant à une Eglise ou à une confession chrétienne non catholique, jouissent des funérailles chrétiennes, à moins que leur volonté contraire ne soit manifeste et à condition que leur propre ministre ne soit pas disponible.

S’agissant de la messe pour les membres d’Eglise ou de communautés chrétiennes non catholiques, voici quelques principes de base : on peut toujours pour des motifs de supplication ou d’action de grâce, célébrer privément des messes de suffrage pour ces personnes.

La célébration de messes publiques pour les membres d’Eglise ou de communautés chrétiennes non chrétiennes obéira aux principes suivants : la célébration sera explicitement demandée pour un motif authentiquement religieux par les membres de leur famille, leurs amis ou les personnes qui étaient soumises à leur autorité. Par conséquent les motifs de recherche de l’honneur ou de fête ne sont pas acceptés pour cette messe publique.

Par ailleurs, l’ordinaire du lieu appréciera ou jugera de la situation pour voir s’il n’y a pas risque de scandale pour les fidèles. Leur nom ne sera pas mentionné dans la prière eucharistique à cause de l’absence de la pleine communion (c. 205, CIC 83) avec l’Eglise catholique. Si, outre les fidèles catholiques qui participent à la célébration de la messe, sont présents d’autres chrétiens, on observera très fidèlement, en ce qui concerne la « communicatio in sacris » (c. 844), (cf Décret sur la célébration publique de la messe dans l’église catholique pour d’autres chrétiens défunts, de la congrégation pour la doctrine de la foi, en date du 11 juin 1976).

Le sujet abordé dans cet article nous contraint de rappeler aux prêtres et pasteurs d’âmes qu’il n’est pas permis de faire mention des prénoms des non-baptisés, quels qu’ils soient, dans la prière eucharistique. Dans notre Eglise locale, une discipline tenue et soutenue doit être instaurée dans ce domaine, en considérant des constats sur certaines paroisses.

Père Jacques M. AGOSSOU