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DU FOIE A LA FOI : PERE HERVE GBENOU

20 juillet 2011, à 6h, j’ai eu simultanément deux coups de fil. Ces deux amis ont voulu tout simplement m’informer que le corps du Père Hervé GBENOU passait pour la paroisse Sacré-Cœur de Wadon où toute la nuit, des veillées et des messes se sont succédées pour le repos de son âme. Un sentiment de tristesse m’envahit soudain. Je vais dire les laudes. Dans ma méditation, je repense un instant à mes derniers entretiens avec le défunt. Je me rendis davantage compte qu’un jour je dois aussi mourir. Mais de quoi, vais-je mourir ? A cette question, je repense à mes maux, mes maladies et mes affections ! Pour m consoler, je soliloque : « Seul Dieu sait de quoi je vais mourir ».

Je reviens au cas de mon confrère Hervé GBENOU. La nouvelle de son départ pour les noces éternelles avec Dieu était comme une douche froide sur le corps et dans le cœur de ceux qui l’apprenaient. Une question venait spontanée : « Etait-il malade ? » ou encore « De quoi est-il mort ? ». Certains ou plusieurs ne le savaient certes pas : Père Hervé GBENOU avait une hépatite. Je ne suis pas médecin, c’est pourquoi j’ai interrogé l’encyclopédie Wikipédia qui m’apprend : « L’hépatite (du grec hépar : foie) désigne toute inflammation aiguë ou chronique du foie. Les formes les plus connues étant les formes virales (notées de A à G) et alcoolique. Mais l’hépatite peut aussi être due à certains médicaments, un trouble du système immunitaire de l’organisme. L’hépatite est dite aiguë lors du contact de l’organisme avec le virus et chronique lorsqu’elle persiste au-delà de 6 mois après le début de l’infection. L’hépatite peut évoluer ou non vers une forme grave ou fulminante, une cirrhose ou un cancer. L’hépatite grave peut mener à la destruction du foie et, sauf transplantation hépatique, à la mort ».

Bref, le Père Hervé GBENOU est mort de la maladie de foie. Chercher ailleurs ou penser autrement c’est errer ou faire fausse route. Il est mort de foie mais il renaît dans la foi. Foie et Foi ! Deux homonymes ! Mais pourquoi un tel rapprochement dans un décès aussi douloureux ? L’un et l’autre sont vitaux.

  • Le foie est pour le corps, ce que la foi est pour l’âme. Le foie est pour l’humain, ce que la foi est pour le chrétien. Le foie, cet organe abdominal impair et asymétrique, le plus volumineux des viscères humains assure trois fonctions vitales :
  • / Une fonction d’épuration,
  • / Une fonction de synthèse
  • / Une fonction de stockage. C’est ainsi qu’on reconnaît que le foie a les fonctions suivantes : nutritionnelle, sanguine, antitoxique et martiale. . Il est le moteur qui effectue le plus grand nombre de transformations chimiques. Sans le foie, peut-on vivre ? Et la foi ?
  • Sans la foi, personne ne peut confesser que Jésus Christ est le sauveur du monde. Avec la foi, on peut déplacer des montagnes. La foi est une puissance de Dieu ! Sans la foi, notre âme est morte. Comme le foie fait vivre l’homme, la foi fait vivre le chrétien.

Le Père Hervé GBENOU est mort de foie mais il renaît dans la foi en la résurrection du Christ, cette foi qu’il a maintes fois et de mille manières confessée ou professé. Il a eu foi en l’appel du Christ et il l’a suivi sur la voie du sacerdoce. Il a cru en l’Eglise et il l’a servie dans le don total de son etre, sans calcul mesquin, et sans ménagement. Peut-être qu’il a donné plus que sa santé ne l’autorisait à le faire. Ainsi son foie s’est usé ! Il a cru en l’homme et il s’est fait serviteur, ami, proche de l’Homme et de tout homme, avec ses limites et ses faiblesses. Son sourire qui fait apparaître ses dents blanches, son dynamisme, son dépouillement, son intériorité, son dévouement ne sont que l’expression de sa foi en Dieu, en l’Eglise et en l’homme.

Je ne veux plus reprendre sa devise : « • O Croix, je vous porterai ! •Jésus Christ, je vous suivrai ! •Marie je vous aimerai ! •Saint Paul je vous ressemblerai ! •Tous les saints, je vous rejoindrai ! »

Mais comme on n’en parlera jamais assez, je dis tout simplement que ce sont des paroles qui baignent dans la foi ou ce sont des mots empreints de foi en Jésus Christ, en sa Croix, en Marie et dans la communion des saints. Parce qu’il a cru, il a préparé sa dernière demeure ! Lui-même, n’aurait peut-être jamais pensé qu’il reposerait entre sous le regard maternel et bienveillant de la Reine de Wadon, sous la protection de Saint Michel Archange et à l’ombre de la Croix d’où Jésus le regarde, plein de miséricorde pour ses péché. Il n’aurais jamais pensé à l’insigne honneur d’être inhumé , au sanctuaire qu’il avait aménagé pour porter la foi de paroissiens ou des fidèles pour être désormais l’objet de leur dévotion.

Hervé GBENOU est mort de foie. Mieux il est mort de la foi ; il est mort dans la foi. Aux obsèques, j’étais aussi. J’ai entendu les réflexions, les témoignages sur le défunt. Le moindre que je puisse dire est que le Père Hervé GBENOU a, dans sa vie comme dans sa mort, entretenu la foi, nourri la foi et fait naître la foi ou fait renaître la foi de certains. Il a semé la foi pour « produire » la foi. Telles sont mes convictions en face de l’émotion, des gémissements, des pleurs et des larmes qui se versent à sa mort.

En somme, si le foie et la foi sont aussi importants pour l’homme, je me dis qu’il faut les entretenir tous deux, car ils sont dons de Dieu. Il faut soigner l’un sans négliger l’autre. Il est plus sage de ne pas mourir de foie dans l’espérance de renaître dans la foi. Que chacun se dévoue selon la force de son foie mais surtout selon sa foi ou la force de sa foi.

Père Jacques Mahougnon AGOSSOU jacagos@gmail.com