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Homélie de Mgr René-Marie EHOUZOU à la messe du cinquantenaire de l’Indépendance du Bénin

Monsieur le Président de la République, Excellences, Mesdames et Messieurs, Chers Frères et Sœurs en Christ, J’éprouve une immense joie et un insigne privilège à vous accueillir à cette célébration liturgique du cinquantenaire de l’indépendance de notre cher et beau pays, la République du Bénin. Ma joie est celle de l’Eglise-Famille de ce Diocèse, fière de se trouver dans la Capitale du Pays et d’être ainsi le noyau de la célébration liturgique de cette grande fête. Mon privilège est de présider à cette célébration qui, de par son cadre et ses participants apparaît comme la célébration liturgique officielle que nous vivons, au fond, en union avec toute l’Eglise du Bénin et les autres Confessions Religieuses. Je souhaite que la nation béninoise porte ici aujourd’hui les cinquante ans de marche vers la liberté qui nous a lancé son appel comme à cette aube nouvelle que nous chantons dans notre hymne national. Comment ne pas évoquer ici le très révérend Père Gilbert DAGNON à qui nous devons cet hymne qu’il a composé pendant qu’il était vicaire ici même à Porto-Novo. Les yeux de nos cœurs devraient ainsi se tourner vers nos vaillants aïeux qui, sans faiblesse, ont su avec courage, ardeur, pleins d’allégresse, livrer au prix du sang les combats éclatants de notre histoire et de notre liberté. Nous pensons à tous ceux qui ont bâti la renommée et la réputation de notre pays, le Dahomey d’hier devenu le Bénin d’aujourd’hui. Comment ne pas nommer ici Feu Président Hubert MAGA à qui est revenu l’insigne honneur de signer l’acte de notre indépendance à la face des nations. Je vous invite à saluer respectueusement la mémoire de ceux qui sont morts, et à applaudir chaleureusement ceux qui sont encore vivants, dont certains sont parmi nous ce matin. C’est en effet avec la synergie de leurs divers projets de société et charismes que s’est bâti le peuple qui fête aujourd’hui ses cinquante ans de vie comme nation. C’est à eux que nous devons l’ardeur et le goût du travail bien fait dont les intellectuels béninois ont fait leur marque spéciale et qui faisait distinguer notre pays, à une date encore récente, comme le Quartier Latin du Continent. En rappelant ici l’expérience de ce tournant décisif de la Conférence Nationale et en utilisant l’une de ses métaphores, je dirais sans hésiter que nos aïeux et nos rois ont été comme cet « œil de la conscience » à travers nos cinquante années d’indépendance. Voilà quelques points des résultats de ces combats éclatants livrés par nos aïeux ! C’est en contemplant les fruits que notre nation tient de nos devanciers que nous évoquons leur souvenir avec ce texte de Ben Sirac le Sage, dans la première lecture. Sans nous prévaloir de rien, nous pouvons être fiers de nos aïeux et faire leur éloge comme des personnages glorieux au souvenir inoubliable. Nous avons le devoir de raconter leur sagesse et de proclamer leurs louanges. Mais à vrai dire la logique de ce texte nous ramène à l’essentiel. Cet auteur de l’Ancien Testament célébrait en réalité la façon dont la gloire et les bienfaits du Seigneur Dieu se propagent dans l’histoire à travers ses élus et des hommes investis d’un pouvoir public. De la sorte, il nous fait passer du souvenir, de l’éloge de la gloire de nos anciens, à l’action de grâce. A cette célébration et à toutes celles qui marqueront les cinquante ans de notre indépendance, c’est devant le Seigneur Dieu que notre pays, notre Bénin d’aujourd’hui, est appelé, à regarder son passé et s’engager dans le temps présent avec les espoirs du futur. Nous sommes invités à nous tourner vers le Seigneur qui était le véritable artisan de notre histoire à travers ces anciens par qui il dirigeait notre destinée en la maintenant dans ses voies d’amour, de paix et d’unité. L’Eglise Catholique s’est toujours sentie, à travers ses pasteurs et ses fidèles, particulièrement investie de cette mission au cœur de la Cité. Vous me permettrez donc de saluer spécialement ce matin la mémoire de ces pasteurs qui ont marqué ces cinquante ans et qui nous ont déjà précédés : Mgr Christophe Adimou qui a su, à la tête de la Conférence épiscopale d’alors, tenir le flambeau de la foi chrétienne au plus fort de la tourmente marxiste-léniniste ! Mgr Robert Sastre qui, fort de sa participation personnelle au mouvement historique de la négritude, déployait une pastorale soucieuse de la libération de l’homme et de tout l’homme ; vous connaissez cette fougue qu’il puisait dans l’évangile et dont nous avons encore besoin aujourd’hui ; Mgr Lucien Monsi Agboka qui, par sa grande proximité de vie avec les plus pauvres, a tracé les voies du développement intégral de notre peuple avec les outils de la charité ; Mgr Vincent Mensah, qui vient à peine de nous enlever la vigilance de sa sagesse et de sa rigueur. Vous avez compris qu’il fallait préciser davantage la participation de Mgr Isidore De Souza ! C’est lui qui, selon les mots du rapporteur général de la Conférence Nationale, aujourd’hui notre Médiateur de la République, est entré dans l’histoire décisive de ce pays. Au nom de sa foi, de sa grande disponibilité pour ce Peuple, il a conduit les travaux de ladite conférence avec une compétence sans égale, avec une impartialité jamais prise en défaut, avec une patience dont lui seul était capable. Vous avez compris que je réservais une mention spéciale à la mémoire de notre cher Cardinal Gantin. Avec son épiscopat en 1956, il eut le privilège de faire cheminer le pays vers ce jour mémorable du 1er Août 1960. Ce premier évêque de notre Pays fait Cardinal en 1977, symbolisait à lui seul la capacité des fils de ce pays à servir l’Eglise au plus haut niveau de sa hiérarchie tout en veillant sur leur nation pour les conduire sur les chemins de Dieu. Il a été l’artisan valeureux de la paix sociale et nous commençons déjà à sentir son absence. Nous sommes pourtant sûrs, qu’avec la grâce de Dieu et sous le regard de la Vierge, à qui notre Patrie a été consacrée dès les premières heures de son indépendance, nous continuerons à bénéficier de l’appui spirituel de tous ces patriarches de notre nation pour faire fructifier leur héritage. Cette célébration liturgique s’inscrit dans l’engagement qui, en vertu de la foi, revient à l’Eglise Catholique pour le service de la paix, de l’unité et du bonheur de notre nation. C’est à cet engagement que les chrétiens convient tous les fils et filles de notre pays. L’Eglise Catholique convie toutes les autres traditions religieuses à œuvrer, au creuset d’un dialogue interreligieux sincère, pour la vie et la survie de notre Nation, pour sa paix et son unité. L’Eglise leur adresse l’invitation solennelle à « coopérer, sans violence et sans arrière-pensée, à la construction du monde, [de notre pays] dans une paix véritable » (GS) La foi chrétienne n’y va pas suivant un programme politique ou une idéologie : La participation de l’Eglise à la vie de cette nation a toujours consisté à ramener les cœurs vers Dieu et à orienter nos cris de détresse et d’espérance vers le Christ. La deuxième lecture de cette célébration a été choisie pour nous conduire au cœur de la proposition de l’Eglise Catholique. Oui, « alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous proclamons, nous, un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les païens. » 1Co1,22-23. Comme réponse à la paix que recherchent notre nation et notre peuple, l’Eglise catholique propose le Christ Crucifié, la Croix de la Rédemption, de la réconciliation et de la Paix ! C’est vrai que pour ceux qui recherchent le gain facile, le confort sans effort, pour une conception du pouvoir différente du service de la nation et du peuple, ce langage de la Croix est une folie. L’Eglise vous la propose à ce cinquantenaire comme la puissance divine qui décuplera nos forces et fera se transcender nos efforts pour la cohésion sociale, la paix et l’unité. Proposer la Croix du Christ, c’est déjà l’annonce explicite que notre pays ne peut se construire qu’au prix de multiples sacrifices à consentir par tous ses fils et filles. C’est en tout premier lieu le sacrifice de la conversion intérieure qui remet les hommes dans l’engagement pour le bien de la collectivité et de la Cité, condition pour le bonheur individuel et collectif. Il nous faut nous rappeler encore aujourd’hui cette lettre pastorale que les évêques Bénin nous adressée en 1989 : Convertissez-vous et le Bénin vivra ! Après cinquante années faites presque de divers miracles pour nous maintenir dans la paix, nous sommes appelés à prendre conscience, à nous ouvrir les yeux et à recourir encore aujourd’hui à ces sursauts de dimension nationale qui nous ont toujours permis de nous enraciner en Dieu et de retrouver le cap. Proposer la Croix du Christ comme remède à tous les maux qui menacent aujourd’hui la paix et l’unité de notre nation, c’est indiquer combien l’intégration d’une nation exige de chacune de ses composantes une mort à soi pour ressusciter au cœur d’une unité dans la diversité nationale. Proposer la Croix du Christ comme réponse, donne ainsi sa dimension religieuse et spirituelle à ce vœu formulé au début de notre Conférence Nationale et que je rappelle ici : quelle que puisse être la diversité de nos sensibilités et perspectives nous demeurons […] unis par une seule détermination : celle de construire notre commune patrie. Chacun devra sortir un peu de lui-même pour concéder à l’autre. Chacun devra réduire toute dilatation subjective de son moi afin que l’intérêt collectif l’emporte. Chacun devra s’abstenir de penser que seules ses idées, son projet de société demeurent l’élément déterminant et exclusif de notre salut commun. Inutile de vous dire combien ces mots prononcés le 19 février 1989 à l’ouverture de la Conférence Nationale sont encore d’actualité ; seule une vie à l’école du Christ Crucifié accorde de les traduire dans la réalité. Proposer la Croix du Christ comme réponse à notre quête de paix et de bonheur met aujourd’hui en lumière l’ascèse qui s’impose à tous les acteurs de la vie de notre nation pour cheminer dans la Vérité qui est seule, gage de liberté et de paix ! Et c’est ici que survient la question fondamentale de cette célébration des cinquante ans d’indépendance. Avons-nous été fidèles aux valeurs que les anciens et vos devanciers ont recherchées et cultivées ? Sommes-nous prêts à emprunter ce chemin du sacrifice pour la nation ? Quelle place voudriez-vous que l’histoire de ce pays vous attribue après un siècle d’indépendance ? Projetons-nous donc après cinquante autres années dans une vision à la mesure de nos attentes d’aujourd’hui ? Donnons-nous une vision digne de nos couleurs nationales avec le courage qui nous aura fait concéder les sacrifices indispensables pour combler l’espoir en vue de nous ouvrir le trésor de la solidarité ? Oui, aux bâtisseurs du présent que vous êtes, aux bâtisseurs que nous sommes ensemble, cette fête nous demande plus que jamais d’accourir et d’œuvrer, plus forts dans cette unité que symbolisent les hommes et femmes politiques de tout bord réunis à cette eucharistie. La recette de cette unité ne se trouve pas seulement dans vos programmes politiques ou dans vos projets de sociétés, mais surtout dans un enracinement authentique des cœurs en Dieu qui sauvera ce pays. C’est Dieu qui est notre paix et c’est lui qui la donne. L’appel de la liberté que nous chantons dans l’hymne national, c’est l’appel de Dieu adressé à tous les fils et filles du Bénin à œuvrer selon la logique de la Croix du Christ pour la vie et la paix de notre Pays. C’est dans ce trésor de la Croix que j’ai pris mon cadeau d’anniversaire pour chacun de vous ici présent, pour chaque béninois et chaque béninoise. Le bouquet que je vous offre au nom de l’Eglise-Famille de ce Diocèse et au nom de toute l’Eglise du Bénin, c’est la charte du bonheur et de la paix que le Christ a laissée à ses disciples et aux hommes de bonne volonté, les Béatitudes dont nous venons d’entendre la lecture. Je vous laisse les méditer et les adopter comme la charte de votre engagement pour le Bénin. Trois remarques pourraient aider à y parvenir : Les béatitudes constituent une promesse garantie par le Seigneur. C’est la promesse qu’à chacune des aspirations profondes des hommes correspond une intervention divine qui la comble et l’assouvit. C’est la promesse que les souffrances de notre peuple ont leurs répondants en notre Dieu. Les béatitudes sont en fait des dons accordés en termes de responsabilité pour ceux qui, du cœur de leur détresse, en appellent à la force de Dieu. J’exhorte fortement ceux et celles qui ont une passion et un projet pour ce pays de les enraciner en Dieu. Car en vain travaillent les bâtisseurs si le Seigneur ne construit lui-même la Cité. Les béatitudes sont révélatrices en tant que leurs fruits servent à parer ceux qui confient leurs détresses au Seigneur en s’engageant sur son Chemin, en suivant sa Vérité pour accéder à sa Vie. Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. Pour être dignes du courage de nos anciens, pour gérer au mieux l’héritage de ce beau pays que nous avons reçu, pour continuer de demeurer ce pays privilégié, béni par Dieu et vivant sous la protection de la Vierge Marie, il nous faut donc cultiver la paix. Terre Bénie, le Bénin l’est ; Peuple de fils et de filles de Dieu, nous le sommes, car nous sommes prêts à cultiver ensemble cette paix que Dieu fait germer sur notre terre, grâce à l’engagement authentique de chacun, pour la justice. Que Marie, Notre Dame de la Paix, à qui le Bénin a été plusieurs fois consacré, nous accompagne ! AMEN