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JUBILE DES 150 ANS D’EVANGELISATION : Ouidah 08 Avril 2011 : Homélie de Mgr René Marie EHOUZOU

Vendredi 09 avril 2011. Messe de réconciliation au Fort français de Ouidah dans le cadre de la célébration du Jubilé des 150 ans d’évangélisation par les SMA chez nous au Bénin. Homélie de Mgr EHOUZOU, évêque de Porto-Novo

Chers Confrères dans l’épiscopat,

Chers Confrères dans le sacerdoce ministériel,

Chères Sœurs Religieuses,

Et vous, chers jeunes venus de tous les diocèses du Bénin,

Bien chers frères et Sœurs dans le Christ,

L’année jubilaire, lancée à Parakou le 05 décembre 2009, solennisée à son ouverture à Agoué le 18 avril 2010 et célébrée avec emphase en août 2010 au Sanctuaire Marial de Dassa-Zoumè, se trouve actuellement à une étape très importante de son déroulement dans le cadre des 150 ans d’Evangélisation au Bénin : OUIDAH.

L’envie me prend en ce moment de paraphraser encore une fois ici le psalmiste : « Ouidah ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je perds ton souvenir ». Partir du souvenir pour relancer l’avenir ! C’est du moins le sens profond que revêt notre démarche spirituelle et c’est à juste titre que nous le rappelle le thème du Jubilé : « 150 ans d’Evangélisation au Bénin : héritiers et bâtisseurs, chrétiens, rends compte de ton espérance ».

La particularité de la célébration de ce soir est d’exprimer notre profonde gratitude au Seigneur pour l’œuvre missionnaire entreprise par la Société des Missions Africaines et relayée par les missionnaires de ce temps. Nous voulons rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à l’édification et à l’affermissement de notre Eglise locale par le don total de leur vie. Avec Saint Paul nous pouvons redire : Seigneur, « nous avons reçu grâce sur grâce. » Mais qu’en avons-nous fait ? Qu’avons-nous fait du mandat reçu du Seigneur de porter la Bonne Nouvelle du salut à l’humanité entière ? Ces interrogations interpellent chacune de nos consciences et nous appelle à prendre notre responsabilité devant l’histoire. De même qu’il demeure vrai que plus de la moitié de la population béninoise ne connaît pas encore Jésus-Christ, de même ceux qui prétendent le connaître doivent réellement s’accrocher à lui pour une vie de foi authentique.

En nous référant au texte de la première lecture de ce jour, nous nous rendons compte que la vie spirituelle nécessite l’offrande totale de notre être malgré les entraves qui pourraient nous en dissuader. C’est alors que nous pouvons prétendre connaître Jésus-Christ.

Connaître Jésus-Christ, c’est faire la vérité en soi et autour de soi. Connaître Jésus-Christ, c’est opter pour la transparence de vie. Connaître Jésus-Christ, c’est choisir le chemin de la vie en se détournant de tout ce qui peut éloigner de Dieu. Connaître Jésus-Christ, c’est nous donner totalement à Lui, même jusqu’au péril de nos vies. Tout ceci constitue le baromètre vital d’une expérience chrétienne authentique.

Pour y arriver, nous devons redécouvrir le chemin de l’évangile et son importance. Nous devons approfondir notre vie sacramentelle pour la plus grande gloire Dieu. L’urgence qui s’impose à nous, c’est bien l’éducation. L’éducation spirituelle, l’éducation catéchétique, l’éducation des jeunes, flambeau de la Nouvelle Evangélisation, signe de bon augure pour l’avenir de notre Eglise.

Bien chers jeunes, vous voici si nombreux. Réunis aujourd’hui pour les Journées Nationales de la Jeunesse, vous êtes la prunelle d’une Eglise en marche, l’Eglise du Bénin. A ce titre, je me permets de vous dire que l’Eglise au Bénin compte sur vous. L’Eglise au Bénin vous aime et vous aimera toujours ; en témoignent les Journées Nationales de la Jeunesse organisées uniquement à votre intention.

Venus d’horizons divers, vous vous êtes rassemblés dans cette ville de Ouidah pour vivre une expérience de foi unique. S’il est vrai que c’est la toute première fois que s’organisent les Journées de la Jeunesse à l’échelle nationale, il est encore plus évident que c’est à la faveur de la commémoration de l’arrivée des premiers missionnaires SMA que ce cheminement vous est proposé.

Bien chers amis, il est heureux que nous soyons ici. L’adverbe « ici » répond bien à ces flots de souvenirs qui traversent l’histoire ; l’histoire de notre pays, l’histoire de notre Evangélisation. En effet, qu’il vous souvienne qu’à une certaine période de l’histoire de notre pays, plusieurs nationalités se sont croisées ici à Ouidah. Qu’il vous souvienne que les esclaves noirs partaient de ce fort français pour une destination inconnue d’avance. Qu’il vous souvienne que les premiers missionnaires SMA ont été accueillis à Ouidah.

Il y a cent cinquante ans que débarquèrent sur les côtes béninoises deux missionnaires : les Pères Francesco BORGHERO et Francisco FERNANDEZ. Le premier avait 31 ans et le second 26 ans. Ils étaient donc jeunes, mais remplis de zèle pour l’Evangile du Christ.

En quittant Lyon en 1860, ils allaient vers une terre inconnue. Seulement ils savaient que Dieu les y attendait pour répandre son Evangile. Leur vie peut susciter en nous une double admiration. D’une part, en se consacrant très tôt, ils prenaient un engagement définitif et sans retour ; et d’autre part, en embarquant pour le Dahomey, ils concrétisaient l’offrande totale de leur vie pour le oui de leur ordination presbytérale. Leur exemple doit nous stimuler à faire des choix définitifs et à y tenir. Que ce soit le choix de l’homme ou de la femme de sa vie, que ce soit l’option d’un engagement dans la vie consacrée, que ce soit tout simplement l’option fondamentale d’une vie chrétienne authentique, n’ayons crainte, c’est la voie royale du bonheur. Ils l’apprennent à leurs dépens, ceux qui n’empruntent pas cette voie et se laissent emporter par tous les courants de pensée, changeant tout le temps d’opinion, de mode de vie, de petit ami…

Chers jeunes, vous avez choisi la meilleure part, en quittant vos maisons respectives pour vous retrouver ensemble pour ce pèlerinage en ce temps fort de Carême où nous méditons davantage sur la Passion du Christ. Lui aussi était jeune. Il devait avoir trente-trois ans, quand il accomplissait sa mission. Ensemble nous venons encore de parcourir le Chemin qu’il a emprunté dans sa douloureuse passion. Ce n’est pas par lassitude de notre condition qu’il a préféré mourir. Sa mort n’est pas un suicide, autrement, il ne se déroberait pas à ses détracteurs comme nous venons de l’entendre dans l’Evangile. Mais il a voulu aller au bout d’un témoignage. « Je suis venu rendre témoignage à la vérité, et tout homme… »

Le choix du lieu de notre célébration est donc providentiel ! Nous demandons sincèrement pardon au nom de tous nos ancêtres qui ont contribué à entraver l’œuvre évangélisatrice dans notre pays. Nous demandons pardon pour toutes les formes contemporaines que prennent ces entraves. Nous demandons pardon pour la part que nous y prenons consciemment ou inconsciemment. Prenons la main que Dieu nous tend en ce temps d’abondantes grâces. Chers jeunes, il est heureux que nous soyons ici. Nous aurions aimé que notre marche y prenne fin. Mais le Seigneur nous dit :

« Allez-vous en sur les places et sur les parvis, Allez-vous en sur les places, y chercher mes amis : Tous les enfants de lumière qui vivent dans la nuit, Tous les enfants de mon Père, séparés de Lui. Allez-vous en sur les places et soyez mes témoins chaque jour » et pour toujours partout où vous serez.

A tous et à chacun, je souhaite une bonne fête du Jubilé. Le Seigneur soit avec vous…

Mgr René-Marie EHOUZOU,

Evêque de Porto-Novo