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Homélie de la Noël 2010 ! Noël du cent-cinquantenaire de notre évangélisation

Noël du cent-cinquantenaire de notre évangélisation

Action de grâce et engagement missionnaire

Chers confrères dans le Sacerdoce,

Chers religieux et religieuses,

Chers fils et filles bien-aimés,

Je commence par vous souhaiter la joie de la naissance du Fils de Dieu, la lumière qu’il nous donne et la paix qu’il nous apporte. Oui, « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre une lumière a resplendi. » Dieu vient à la rencontre de l’humanité.

Ce n’est pas sûr que nous prenions toujours le temps de méditer la signification de ces mots du prophète Isaïe et la portée qu’ils ont pour notre histoire personnelle et communautaire. A la lumière de la fête de Noël, cette page traduit l’aboutissement d’un long cheminement, elle témoigne de la réponse positive que Dieu a envoyée à tous les hommes, à ses créatures spirituelles à qui il a lui-même donné de le chercher, de marcher vers sa rencontre. Le texte d’Isaïe fait donc de la naissance du Christ cette rencontre inouïe que fit l’humanité il y a deux mille ans, à la suite d’une longue marche tortueuse ; le texte permet de façon plus précise de lire l’heureux dénouement de l’histoire sainte que Dieu a entrepris de vivre avec l’humanité à travers le peuple d’Israël.

Luc semble vouloir y insister particulièrement en commençant par montrer l’enracinement historique et humain du Fils de Dieu qui venait de naitre. La dimension historique en est bien nette avec l’édit de l’empereur Auguste. Elle est également indiquée avec la démarche de Joseph quittant Nazareth en Galilée pour se faire recenser à Bethléem où Marie, alors enceinte, allait finalement mettre au monde son Fils premier-né. Or ce premier-né, apparemment rabaissé au rend des plus pauvres et des plus démunis de l’humanité, venait d’y insérer une ouverture incommensurable vers la transcendance. Tout, depuis l’annonciation, conduisait à cette vérité théologique d’une illumination de la terre par le Ciel à travers Jésus, à cette vérité de la rencontre du Ciel et de la Terre. L’extrait que nous venons d’entendre a le secret de pouvoir le souligner de façon subtile mais dense. Le premier élément en est l’apparition même des anges aux bergers qui passaient la nuit à garder leurs troupeaux dans les environs de Bethléem. « L’ange du Seigneur s’approcha, nous dit le texte, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. » Le lampadaire de la lumière céleste venait de s’implanter dans notre monde pour la transformer de l’intérieur. L’arrivée du Fils de Dieu à Bethléem déploie ainsi dès ces premiers instants cette lumière qu’il est et qu’il apporte au monde en rejoignant les hommes sur les lieux de leur engagement. L’arrivée du Fils de Dieu inonde les hommes d’une grâce effrayante par son caractère inattendu mais destinée à rassurer leur marche et à changer le cours de leur histoire. Le salut est advenu à la portée de tous, concrètement enraciné dans notre destinée humaine : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur dans la ville de David. Il est le Messie ; le Seigneur. »

Un deuxième élément du secret de cette page d’évangile se situe dans la louange des anges. « Et soudain, précise le texte, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable qui louait Dieu en disant : Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». La symbolique en est hautement profonde : c’est une louange entonnée par des êtres célestes depuis la terre : la naissance du Fils de Dieu insère dans l’humanité une louange qui plaise à Dieu. L’humanité peut désormais cheminer à pas rassuré dans la louange et l’action de grâce.

La suite du texte de Luc nous donne le mouvement interne qui meut désormais l’humanité : l’humanité peut désormais louer convenablement Dieu ; une lumière jaillit du Christ pour inonder les hommes dans leurs quêtes existentielles et les ramène à sa louange. Dès lors s’est instaurée cette dynamique interne qui rejoint chaque homme individuellement et chaque peuple au cours de sa marche à tâtons.

En lisant Luc dans ce contexte du texte d’Isaïe, Noël apparait donc clairement comme l’inauguration d’une aube nouvelle. Noël renvoie donc chaque chrétien à l’histoire de cette rencontre avec Dieu, à l’entrée de Dieu dans l’histoire personnelle de chacun d’entre nous. Noël est aussi la fête de la première rencontre de chaque peuple et de chaque culture avec Dieu. Action de grâce donc en cette sainte nuit symbolisant l’histoire qui nous porte depuis le premier instant de notre accès à la foi chrétienne. Action de grâce : voici cent-cinquante ans qu’il est venu à la rencontre de notre pays.

Chers fils et filles bien-aimés,

Et en cette année du cent-cinquantenaire de notre évangélisation, nous nous trouvons en fait interpellés par cette entrée de Dieu dans l’histoire particulière de notre peuple. Plus exactement, Noël résume merveilleusement ce qui s’est passé pour notre peuple, il y a cent-cinquante ans : Dieu est entré dans notre histoire en venant à notre rencontre : l’évangélisation de notre peuple fut en réalité une Noël, la naissance du Fils de Dieu chez nous pour notre naissance en Dieu.

L’accès à la foi, la rencontre du Christ dans nos vies est la source, le début de cette allégresse à profusion, de cette joie grandissante qui porte notre existence au-delà de toutes les péripéties de notre histoire personnelle et commune. Voici en fait cent cinquante ans que cela a débuté pour notre pays.

L’histoire détaillée de notre pays contient de multiples pages où Dieu où se sont concrétisées des victoires importantes de notre pays et de ses enfants sur des forces de tout genre qui ont essayé de compromettre notre joie et de ravir notre paix et notre bonheur. Oui, le Seigneur n’a jamais cessé de prodiguer l’allégresse à notre pays et de faire grandir la joie de ses enfants, en nous faisant triompher de ce qui en nous et dans notre pays est comme un bâton meurtrissant nos épaules, ce qui en nous et dans notre pays risquait de devenir un fouet pour nous meurtrir. Ces cent cinquante ans d’histoire commune de Dieu avec nous peuvent clairement nous apparaitre en termes de merveilles constantes de Dieu pour nous.

Notre pays, le Bénin peut, sans se prévaloir de rien, être fier d’avoir souvent trouvé au pied du Seigneur les conseils avisés pour sortir des multiples impasses qui ont menacé son existence. Il peut être heureux de se sentir sous la houlette du Dieu-Fort qui nous a toujours entourés de sa sollicitude comme dans une alliance indéfectible où il s’est fait notre Père-à-jamais. Oui, au regard des péripéties et des désastres auxquels la cohésion de notre pays a parfois échappé de justesse, nous pouvons nous féliciter d’avoir toujours indiqué le Christ comme le Prince-de-la-Paix. La fête de Noël nous ramène ainsi, cette année, à sa dimension théologique comme une rencontre inaugurale où nous avons reçu la lumière qui éclaire notre marche. Au cœur de notre action de grâce s’impose alors les figures et l’apostolat des missionnaires qui, une fois illuminés eux-mêmes par la grâce de la manifestation de Dieu en Jésus, sont partis de chez eux, pour nous l’annoncer. On ne peut réaliser la grande merveille de cette annonce de l’arrivée de Dieu chez nous et dans notre pays sans demander au Seigneur de récompenser ceux qui ont accepté de se faire ses messagers. C’est en même temps pour nous l’occasion de prendre la mesure de notre propre engagement missionnaire. Il convient d’ailleurs de souligner combien cet engagement a son point de départ dans notre proximité avec le Seigneur : c’est dans la découverte du Seigneur et l’intimité avec lui que s’enracine l’élan missionnaire. Saint Paul nous en indique la voie dans la deuxième lecture que nous venons d’entendre. Pour porter aux autres la grâce de Dieu qui s’est manifestée pour le salut de tous les hommes, il nous faut commencer par nous mettre à son école. A l’école de la grâce, apprenons à rejeter le péché et les passions d’ici-bas. Saint Paul semble faire le portrait du missionnaire que nous devrions être : vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux. La mission qui nous revient en premier lieu est donc cet engagement pour continuer d’ouvrir l’histoire de notre pays à cette lumière de Dieu offerte dans la foi chrétienne. C’est en cela que nous prenons la relève et le relais des missionnaires qui, voilà cent cinquante ans ont travaillé chez nous.

Chers fils et filles bien-aimés,

Nous commençons tous à craindre pour notre pays les dérives qui le guettent avec toutes les passions qui gagnent du terrain. Les chrétiens, ai-je toujours dit, doivent se porter aux avant-gardes de cette lutte pour dépassionner notre nation. A l’école de la grâce, nous saurons travailler pour la justice et la paix pour le bonheur de notre pays et de notre nation. Demandons au cours de cette eucharistie la grâce d’être illuminée par cette lumière transformatrice par l’accueil de l’enfant qui nous est né, de ce fils qui nous a été donné ; demandons la grâce de lui faire obédience pour l’accepter comme notre « Merveilleux-Conseiller, le Dieu-Fort, notre Père-à-jamais, notre Prince-de-la-Paix.

Comment terminer cette méditation sur cette dimension spirituelle et missionnaire que prend la fête de Noël pour nous aujourd’hui, en attirant votre attention sur l’importance de cette fête dans le mystère chrétien, le mystère de notre salut. Je tiens surtout à nous faire prendre conscience de l’engagement qui nous en incombe de le traduire dans notre façon de fêter la fin d’année et la nouvelle année qui s’ouvre : mettre la naissance de Dieu au cœur du nouveau départ que nous souhaitons, donner à nos réjouissances leur sève spirituelle. Faire de l’accueil du Christ à Noël la source du bonheur que nous recherchons et que nous nous souhaiterons mutuellement durant les jours qui viennent. Développer la conviction que le vrai cadeau que nous puissions faire à ceux qui nous sont chers est d’insérer le Christ dans leur vie.