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JEAN-PAUL II M’A MARQUE.

INTERVIEW EXCLUSIVE A SON EXCELLENCE MGR RENE-MARIE EHOUZOU LORS DE SON PASSAGE A ROME POUR LA BEATIFICATION DE JEAN-PAUL II

1ère Partie : « Jean-Paul II m’a marqué par son acceptation de la souffrance »

A la faveur de la Béatification du Pape Jean-Paul II, son Excellence Monseigneur René-Marie EHOUZOU, évêque de Porto-Novo a donné une interview dans laquelle il livre ses impressions sur l’événement et parle de la vitalité et des projets du diocèse dont il a la charge.

Excellence Monseigneur, bonsoir. Vous venez de vivre, ici à Rome, la béatification du Pape Jean-Paul II. Quelles sont vos impressions ?

Mgr Ehouzou : Bonsoir Père Eric. L’Eglise catholique et le monde entier viennent de vivre un grand évènement. En venant à cette béatification, j’ai encore, une fois de plus, pris le pouls de la dimension universelle de l’Eglise. Une foule impressionnante venue de tous les coins du monde, d’un seul cœur et d’une seule âme, chantait les louanges de Dieu à la place Saint-Pierre. Et en me rendant à la basilique le jour de la béatification, j’ai découvert que des milliers de jeunes ont passé la nuit dans la rue, couchés à même le sol. Qu’est- ce qui est à l’origine d’un tel engouement et d’une telle générosité de leur part ? Un homme, un homme de Dieu, Jean-Paul II qui les a marqués et qui a aussi marqué l’Eglise et l’humanité. En effet, toute sa vie a été un témoignage vivant : témoignage de l’amour du Christ pour les hommes, de sa bonté pour les plus pauvres et les plus abandonnés, témoignage de la valeur salvifique de la souffrance vécue en communion avec le Christ. On a pu voir aussi à la place Saint-Pierre qu’il n’y a ni différence ni discrimination dans le peuple de Dieu. Le riche, le pauvre, le petit, le grand, tout le monde était heureux de vivre ce moment historique, de participer à cette action de grâce.

Excellence Monseigneur, vous êtes le dernier évêque noir ordonné par Jean-Paul II. Que retenez-vous personnellement du vaste héritage qu’il laisse à l’Eglise et à l’humanité ?

Mgr Ehouzou  : Nous étions 12 ce jour-là et j’étais effectivement le seul noir. C’est un héritage lourd et précieux qu’il nous laisse et l’on ne saurait badiner avec. Pour ma part, je voudrais commencer par le don de la plénitude du sacerdoce qu’est l’épiscopat. Vous avez pu voir sur le site du diocèse de Porto-Novo le moment précis où ce bon pape m’imposait les mains, signe de consécration. Mon souhait est de pouvoir vivre, ne serait-ce qu’un tout petit peu, son sens de l’Eglise, son amour pour l’Eglise et sa passion pour le Christ et le salut des âmes. Au cours de la messe, nous avons entendu la triple interrogation de Jésus à Pierre : Pierre, m’aimes-tu ? J’ai entendu le Seigneur me poser la même question et ma réponse a été simplement : « oui, seigneur, tu sais que je t’aime » Mais cela me remplit de frissons parce que la réponse du Christ nous conduit toujours très loin. Il faut avoir la force et le courage de le suivre jusqu’au bout. Au moment où la croix va peser, être conscient que c’est encore lui le cyrénéen. C’est donc un héritage très lourd. Jean- Paul II m’aura marqué par son acceptation de la souffrance, par la joie qu’il communiquait aux jeunes, par la manière dont il a porté l’Eglise en vivant dans la souffrance. On lui a posé la question, dans ses vieux jours, s’il n’est pas temps qu’il démissionne, vu ses souffrances physiques. Il a simplement répondu : est-ce que, sur la croix, le Christ a demandé à démissionner ? Il a porté sa croix jusqu’au bout. Qu’il m’obtienne la même grâce puisque c’est lui qui m’a conféré l’Episcopat. Qu’il intercède pour moi pour que je sois un évêque selon le cœur de Jésus.

2ème Partie :« Le diocèse de Porto-Novo est vivant ! »

Parlons maintenant du diocèse de Porto-Novo dont vous avez la charge. Excellence Monseigneur, comment se porte votre diocèse ?

Mgr Ehouzou : Je dirai que le diocèse est vivant. Je ne voudrais pour preuve immédiate la célébration prochaine au niveau de notre diocèse des 150 ans de l’évangélisation de notre pays que nous vivrons avec le Nigéria. Pour mémoire, Porto-Novo dépendait, au début de son évangélisation, du vicariat de Lagos. C’est pour cela que j’ai invité l’archevêque de Lagos, le cardinal OKOGIE, les évêques d’Abeokuta et d’Ibadan à venir fêter, avec nous, le jubilé des 150 ans d’évangélisation, en baptisant 150 bébés. C’est le signe que le diocèse, tout comme l’Eglise du Bénin, est en marche vers des lendemains meilleurs.

L’autre aspect que je pourrais spontanément souligner, c’est l’expérience extraordinaire que je vis avec les enfants. J’ai donné rendez-vous à ceux du doyenné de Porto-Novo à Maria-Tokpa, notre lieu de pèlerinage marial pour prier la Vierge. La réponse des enfants a dépassé mes attentes et mes prévisions. Avec eux, nous prions pour l’Eglise universelle, pour l’Eglise du Bénin, pour le diocèse de Porto-Novo, pour les agents pastoraux et pour notre pays le Bénin. Le jour même où je prenais l’avion pour Rome, j’étais dans l’après-midi avec les enfants à Affamè (environ 60 km de Porto-Novo) au pied de la Vierge. Et c’est l’occasion pour moi de les intéresser à la vie du diocèse par les libres échanges qui concluent chaque séance de prière. Un autre indice de la vitalité de notre diocèse, c’est bel et bien sa jeunesse nombreuse et généreuse, réellement motivée pour l’édification du diocèse. Récemment pour les JMJ, ils étaient environ 5000 à Kétou pour participer à ce rassemblement initié par Jean-Paul II. Et c’est le moment, pour eux, de penser à leur identité de chrétien et de chrétien catholique. Ils se posent beaucoup de questions. A nous de les aider à se prendre en charge et à résoudre leurs problèmes à la lumière de l’Evangile. Je nourris pour eux beaucoup d’ambitions.

Et enfin, ce dont notre diocèse peut être fier, c’est le dynamisme exceptionnel de ses agents pastoraux : prêtres, religieux et religieuses, catéchistes, laïcs engagés, chacun dans l’espace qui est le sien, essaie de donner le meilleur de lui-même pour animer la vie chrétienne du diocèse. Il faut aussi souligner l’extraordinaire grâce que constitue la célébration du jubilé des 150 ans d’évangélisation de notre pays. Dans ce cadre, une équipe coordinatrice sillonne les paroisses pour sensibiliser, conscientiser, susciter le réveil de la foi de leurs frères et sœurs. En somme, malgré les difficultés inhérentes à la mission, le Règne de Dieu avance à Porto-Novo.

Excellence Monseigneur, quels sont vos projets pour l’avenir ?

Mgr Ehouzou  : Notre église-famille est jeune et je dirais même qu’elle est en chantier. Beaucoup de choses restent à faire ou à parfaire. Tout est urgent mais il faut savoir hiérarchiser les priorités. Avec mon conseil, la priorité des priorités aujourd’hui, c’est la couverture de tout le territoire diocésain. Ce qui revient à créer de nouvelles paroisses pour contrer l’avancée des sectes ouvertement inscrites dans une logique concurrentielle et non de collaboration avec nous. L’accent doit être mis dans ce contexte sur la formation des fidèles pour qu’ils ne soient pas happés par le premier venu. Et pour cela, il faut des prêtres bien formés. L’enracinement de la foi est un défi essentiel aux lendemains du jubilé que nous célébrons. Nos communautés regorgent de fidèles. Mais il ne faudrait pas qu’ils soient de bons chrétiens avec nous le jour et la nuit, qu’ils se retrouvent avec d’autres.

Sur le plan social, plusieurs projets me tiennent à cœur. Je viens de bénir la première pierre de l’hôpital pédiatrique sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus pour prendre soin des enfants et des femmes enceintes dans un quartier populeux à Sèkandji. Les travaux ont commencé et nous prions la Providence pour qu’ils ne s’arrêtent pas. Toujours dans cette rubrique, j’envisage la construction d’un centre pour les personnes âgées. Le premier au Bénin est à Tokan. Une dame aveugle qui vivait aux bords de la rue, y a été envoyée par mes soins. Quelques jours après, je ne pouvais plus la reconnaitre à table, parmi les autres personnes âgées. Le visage du Christ défiguré par la misère y a retrouvé une nouvelle splendeur. C’est vous dire le travail extraordinaire qu’accomplissent les Petites Sœurs des Pauvres dans ce domaine. Je voudrais un centre du genre dans le diocèse de Porto-Novo et j’ai déjà obtenu le terrain. Je compte sur la Providence, les bonnes volontés de notre diocèse et d’ailleurs pour aider les Petites Sœurs des Pauvres à réaliser ce projet qui s’inscrit bien dans le dynamique du respect de la dignité de la personne humaine si chère à Jean-Paul II.

Le centre Saint Camille des malades mentaux d’Avrankou devra être renforcé pour l’insertion des personnes qui y sont. Avec le nonce, nous avons inauguré récemment leur centre artisanal. Aujourd’hui, elles fabriquent du pain pour la ville d’Avrankou. C’est dire qu’elles peuvent contribuer au développement de la localité si les infrastructures étaient mises sur à leur disposition.

Une université catholique bilingue est en train de sortir de terre à Adjarra et sera supportée par un centre de formation pastorale et missionnaire où l’on pourrait apprendre les langues liturgiques du diocèse et les langues modernes, l’anglais et le français pour nos confrères du Nigéria qui sont obligés d’aller jusqu’au Togo. Au niveau des infrastructures diocésaines, mon souhait est d’établir des communautés pour animer spirituellement le centre marial de Maria-Tokpa et le centre de pèlerinage de la croix glorieuse à Gbodjè. J’ai déjà frappé à la porte de plusieurs congrégations et j’attends toujours leur réponse.

Le projet permanent, c’est la formation des prêtres et des religieuses. Je m’y emploie de toutes mes forces. Et Dieu merci, les opportunités ne manquent pas. Mais il faut que ceux qui y sont déjà, songent à revenir pour donner la chance à d’autres de partir. Désormais, c’est au diocèse, en fonction des besoins, de déterminer qui s’arrête à la licence et qui continue jusqu’au doctorat.

Je finis la liste des projets par le secteur de la communication qui vous concerne particulièrement. A ce niveau, le projet d’installation d’une radio catholique diocésaine est suffisamment avancé. Il nous faut aussi redonner énergie à la revue diocésaine et structurer la production musicale, je veux dire K7, CD audio et vidéo. Comme vous le voyez vous-même, tout cela requiert la nécessité d’une équipe bien formée.

Excellence Monseigneur, merci pour ce tour d’horizon. On aura certainement l’occasion de revenir, par la suite, sur des secteurs ou des problèmes pastoraux précis. Votre dernier mot…

Mgr Ehouzou  : Merci de cette opportunité que vous m’offrez de parler de la vie de notre diocèse. Un dernier mot.., je voudrais simplement saluer et remercier tous les fils et filles du diocèse de Porto-Novo et tous les visiteurs de notre site diocésain. Leurs apports, suggestions ou remarques en vue de l’édification du Règne de Dieu, sont les bienvenus. A Porto-Novo, nous formons un jeune diocèse, mais un diocèse décidé à courir l’aventure avec le Christ, l’unique Maître de la moisson.

Propos recueillis par le Père Eric Oloudé OKPEITCHA