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« Jésus est Seigneur, Il règne dans la gloire ! »

Voilà ce que célèbre la solennité du Christ-Roi. Le Christ est roi, véritablement souverain.

Nous connaissons bien la figure du roi dans notre monde et dans nos différentes cultures d’hier et d’aujourd’hui. L’histoire d’ici et d’ailleurs nous conserve les souvenirs de la gloire, du prestige, de la puissance, de la bravoure, de la grandeur, mais aussi des bassesses des souverains de nos anciens royaumes. Aujourd’hui, l’administration publique a pris la place ; il n’y a plus de royaume, plus de monarques ; du moins, plus comme avant.

On assiste cependant à une résurgence anachronique et à une prolifération effrénée des rois et des chefferies traditionnelles aux intérêts inavoués. Avec la complicité et la complaisance ouvertes des pouvoirs politiques en place, ils cherchent même à se donner tant bien que mal une légitimité républicaine (subventions, usage de véhicules administratifs, participations aux grands débats nationaux…). On y retrouve malheureusement des chrétiens qui, lorsqu’ils n’ont pas réussi à se faire couronner, se retrouvent scandaleusement aux rangs des courtisans les plus zélés. Sous le prétexte fallacieux du développement de la culture ou d’un retour aux valeurs endogènes, des monarques, rois et roitelets ‘’tradi-modernes’’ se constituent un peu partout, à grand renfort d’occultisme, de titres ronflants, d’apparats et d’accoutrements plutôt ridicules que régaliens. Des palais royaux, véritables couvents de la superstition et laboratoires obscurs d’expérimentation des forces occultes, s’installent même en pleine ville, avec de grands enseignes, dans un décor et un standing quasi terrifiants. Ce constat est bien triste et symptomatique de la volonté de puissance et de pouvoir qui ne cesse de grandir dans le cœur des hommes de notre temps ; lorsqu’on ne s’improvise pas politicien, on se fait roi.

Dans ce contexte déjà brumeux où régent en maîtresses absolues les forces du mal, où l’ignorance favorise les amalgames entre culte et culture, politique et religion, où la cupidité se mêle aux autres vices, à la méchanceté, à l’intimidation et à la sorcellerie, le christianisme en général et la religion catholique en particulier, proclament dans la personne de Jésus-Christ, un roi, un roi grand, si puissant que son royaume à tout l’univers. Quel triple paradoxe ! Paradoxe d’abord, quand on sait que l’Eglise est de nature fondamentalement apolitique et s’est toujours démarquée des pouvoirs temporelles. Paradoxe, ensuite car celui qui toute sa vie terrestre durant a refusé d’être proclamé roi est à présent vénéré comme le roi de l’univers. Paradoxe enfin, puisque le jour où nous célébrons la solennité du Christ Roi, l’Eglise nous fait lire le récit où le Christ roi de l’univers s’identifie aux plus démunis (Mt 25,31-46) [Année A], le récit de la comparution du roi de l’univers devant Pilate (Jn 18,33b-37) [Année B], le récit de la crucifixion du Roi de l’univers entre deux malfaiteurs (Lc 23,35-43) [Année C]. Pourquoi donc avoir choisi précisément les épisodes le plus humiliants de sa vie pour parler de la royauté du Christ ? Un roi affamé, assoiffé ? Un roi étranger, nu, malade ? Un roi emprisonné ? Un roi jugé, condamné et exécuté ? Un roi crucifié ? Quelle étrange royauté ?

Et pourtant, c’est en mourant sur la croix qu’il proclame sa royauté ; lui qui a été arrêté, jugé, condamné injustement, flagellé, couronné d’épines, insulté, chargé de la croix, cloué sur la croix entre deux bourreaux… Pilate a poussé la dérision jusqu’à placer sur le bois de la croix l’écriteau blasphématoire de sa condamnation : « Celui-ci est le roi des juifs ». Un roi en croix, quelle contradiction !

Qui est donc ce roi mystérieux qui n’a jamais habité dans un palais et n’y est entré qu’une fois pour y être jugé et condamné ? (cf. Jn 18,28-38) Quel est ce roi dont le premier trône fut une mangeoire d’animaux (cf. Lc 2,7) et le dernier, une croix (cf. Jn 19, 17-22) dont il n’a pas voulu descendre pour exhiber sa puissance ? (cf. Mt 27, 39-44) Qui est ce roi serviteur (cf. Mc 10,45) , n’ayant d’autre loi que l’amour (cf. Jn15,12) et pour unique tribunal la voix de la conscience ? Qui est ce roi qui lave les pieds de ses disciples ? (Cf. Jn 13,1-15). Un roi sans aucune ambition politique (cf. Jn 6,15), ni armée (cf. Jn 18,36), sans parure, sans insignes royaux. Ce roi, c’est bien, Jésus-Christ. Il n’est pas venu se sauver mais pour sauver. Il révèle plutôt son amour qui le rend solidaire de la faiblesse humaine. Sa royauté consiste à donner le salut à ceux qui se laissent toucher par sa grâce. Elle n’a pas dans les apparats des royaumes de ce monde mais s’exerce à l’intérieur de l’homme pour le transformer. Le Christ règne en faisant participer l’humanité à sa vie divine ; il est roi par amour et pour le salut de tous, et son règne n’aura pas de fin.

Cette caractéristique pérenne de la royauté du Christ est soulignée dans la vision de Daniel : « Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite ». (cf. Dn 7,14) Car le pouvoir du Christ ne vient pas des hommes mais de Dieu ; de même, il ne s’exerce pas à la manière des royaumes de ce monde, mais selon le modèle de Dieu qui demeure le « Roi par excellence ».

La royauté du Christ ne vient pas de ce monde, c’est du Père qu’elle reçoit « honneur, gloire et puissance » (Cf. Ap 4,11) ; elle ne se conquiert pas par les armes, mais par l’amour ; elle ne reçoit pas son investiture des hommes mais de Dieu le Père ; il s’agit d’une royauté éternelle et salvifique dont le but est de libérer l’homme du pouvoir des ténèbres et de le transférer dans le Royaume de Dieu. Un tel règne se réalise par la rémission des péchés et la réconciliation avec Dieu. La vraie noblesse du Christ se cache dans le don dépouillé et sans retenue de sa personne offerte pour nos péchés.

Bien que n’étant pas de ce monde, la royauté du Christ est appelée à le transformer, à la manière d’un ferment enfoui dans la farine de blé. Telle est la noble mission confiée à l’Eglise et dont elle s’acquitte au long des siècles : construire dans le monde un règne de sainteté et de grâce, règne de justice, d’amour et de paix.

Ce règne est en germe partout où la vérité est accueillie et les cœurs ouverts à la grâce. Il se construit dans l’espérance sous le souffle de l’Esprit, à travers des gestes d’amour posés au nom de la foi.

En cette fête du Christ-Roi de l’univers, nous devons faire un examen de conscience et nous poser certaines questions fondamentales. Comment nous gérons-nous les petites parcelles d’autorités que nous avons, nos pouvoirs, nos responsabilités, (au service, à la maison, en famille, dans nos mouvements et associations, nos chorales, dans notre communauté paroissiale) ? Est-ce vraiment avec humilité, dans le sens du service désintéressé, ou plutôt avec la soif de dominer, de faire sentir son pouvoir, de donner des ordres, d’humilier et d’écraser les autres… ? Comment concilier autorité et service dans l’Eglise et dans la société d’aujourd’hui ? Quelle est notre rapport vis-à-vis de l’autorité et des pouvoirs en place à tous les niveaux ? Soumission servile, aliénatrice et avilissante ? Contestation forcenée, opposition rebelle, insubordination notoire ? Ou bien obéissance vraie, réfléchie et raisonnée, en référence à la Parole de Dieu ?

En cette fête du Christ-Roi de l’univers, demandons au Seigneur de régner en nous ; d’être le maître de nos pensées et de nos actions ; le guide de nos choix et le modèle de notre vie. Demandons-lui d’étendre son règne sur l’univers entier pour que les hommes s’aiment davantage et se reconnaissent fils d’un même Père. Demandons-lui enfin de donner à ceux qui nous gouvernent assez de sagesse et de courage pour être réellement au service de tous. Demandons-lui de nous remplir de sagesse, d’humilité et de bonté dans l’exercice des responsabilités qui nous sont confiées.

La plus grande tentation à éviter à tout prix est de vouloir se servir du nom du Christ ou de sa Parole pour assouvir notre volonté de puissance et asseoir un pouvoir corrompu et oppressif, sournoisement teinté d’une fausse religiosité et maladroitement étayé de références bibliques. Ce serait d’ailleurs une aberration et un sacrilège auxquels peuvent facilement nous conduire nos ambitions. Ne faisons pas du Christ ce qu’il n’est pas : Il est roi, mais sa royauté n’est pas de ce monde !

Seigneur, Viens régner en nous en nous libérant des entraves du mal Viens régner en nous en nous réconciliant avec le Père Viens régner en nous en nous comblant de ton Esprit Pour que nous puissions comme toi, nous donner à nos frères dans l’humilité, le service, la justice, la paix et l’amour. Amen !

BONNE FÊTE DU CHRIST-ROI

Ghislain Yvon MAFORIKAN, Aumônier diocésain des Chorales Grégoriennes du Diocèse de Porto-Novo